> Méthode
Du Moyen Âge jusqu’au début du XIXe siècle, l’enseignement de la composition musicale reposait essentiellement sur l’étude du contrepoint auquel s'est progressivement ajoutée la basse continue puis l'écriture du quatuor à cordes.
Vers la fin du XIXe siècle, le contrepoint, définitivement coupé de la création musicale contemporaine, devint non seulement une discipline purement académique, dans le mauvais sens du terme, mais tomba aussi sous la coupe de l’harmonie. Désormais, il n’était plus possible d’aborder le contrepoint, puis la fugue, sans avoir tout d’abord commencé, voire achevé, l’étude de l’harmonie. Il en résulta la division du cursus du Conservatoire de Paris en classes hermétiquement séparées. La conséquence logique de la place occupée désormais par le contrepoint dans le cursus des études musicales au XXe siècle fut de prendre conscience de la nécessité d’un retour aux sources.
Dans les années 1970, Gérard Geay expérimenta, au Conservatoire du Xe arrondissement de Paris, deux idées simples : 1) puisque le contrepoint est apparu avant l’harmonie, commençons l’étude de l’écriture musicale par le contrepoint et les tons anciens et tentons de comprendre comment l’harmonie et la tonalité classiques en sont issues ; 2) redécouvrons l’étude et la pratique du contrepoint telles qu’elles étaient lorsque celui-ci n’était rien d’autre que de la musique contemporaine.
Le lien entre technique et style est étroit au XVe siècle, une époque où la composition musicale déploie une éblouissante virtuosité sans jamais nuire à l’expression. Les transcriptions modernes permettent rarement d’en décrypter tous les mystères.
Pour comprendre les subtilités des polyrythmies, il nous faut maîtriser le système des quatre prolations hérité du XIVe siècle et pouvoir chanter sur les manuscrits ; la connaissance des tons ecclésiastiques, de la solmisation et de la musica ficta, sans oublier la prosodie, est essentielle pour établir un texte musical sinon authentique du moins vraisemblable. Pour cela, si l’étude des traités de composition et l’analyse des œuvres constituent un préalable indispensable, la pratique de l’improvisation et de l’écriture permet de jeter un regard dans l’atelier du compositeur, selon la belle expression du professeur Wulf Arlt.
Etude et pratique des traités du XVe siècle (tons, solmisation, musica ficta, rythme, contrepoint) ; analyse d’œuvres de Guillaume Dufay et de ses contemporains ; improvisation vocale sur cantus firmus (faux-bourdon à trois voix) ; composition avec paroles (chansons et motets) en notation ancienne.
Cette formation se déroulera dans le cadre de la Bibliothèque musicale François-Lang où les stagiaires auront accès à toute la documentation nécessaire présentée et commentée par des spécialistes invités.
Gérard Geay, professeur d’écriture
David Fallows, musicologue
Luca Ricossa, musicologue
Audition
Sélection sur dossier comprenant CV et lettre manuscrite de motivation.
Sessions
du jeudi 13 janvier au dimanche 16 janvier 2011 : la « contenance angloise », faux-bourdon et contrepoint à trois voix
du jeudi 3 février au dimanche 6 février 2011 : la chanson polyphonique
du jeudi 10 mars au dimanche 13 mars 2011 : le motet
du jeudi 30 juin au dimanche 3 juillet 2011 : travaux pratiques (session accessible aussi pour les stagiaires de l’année 2009/2010)
soit 16 jours de formation
Présentation publique
Fenêtre sur cour[s] le dimanche 3 juillet 2011
6 stagiaires.
Bon niveau solfégique (oreille, lecture) : compositeurs, musicologues, professeurs d'écriture, d'analyse et d'histoire de la musique, interprètes de musique ancienne. Aucune connaissance en musique du XVe siècle exigée.
La participation financière se compose des droits d’entrée obligatoires [incluant l’adhésion à l’Association des amis de Royaumont et l’accès à la Bibliothèque musicale François-Lang], des frais pédagogiques et des frais de séjour.
Ce stage est en cours de conventionnement AFDAS.
Prises en charge des frais pédagogiques
› pour les intermittents du spectacle : par l’AFDAS dans les conditions suivantes : 2 ans d’ancienneté, 48 cachets (jours) en France, les Congés Spectacles et feuilles de salaires faisant foi.
› pour les salariés (temps plein ou partiel) : par les plans de formation continue de leurs employeurs.
› pour les chômeurs : se renseigner auprès des caisses locales du Pôle emploi.
› pour les Rmistes : par les conseils généraux, se renseigner auprès des services correspondants.
Si vous bénéficiez d’une prise en charge, il reste à votre charge un montant total de 174 €.
Les aides
L’Association des amis de Royaumont attribue des bourses chaque année aux artistes de moins de 29 ans qui n’ont pas encore d’activité professionnelle régulière.
Cette attribution se fait par une commission, sur dossier (CV, lettre de motivation).
Si vous bénéficiez de cette bourse de l’Association des amis de Royaumont, il reste à votre charge un montant total de 174 €.
Pour les participants qui ne peuvent bénéficier d’aucune autre prise en charge, la Fondation attribue sur demande et sur dossier des bourses d’études.
Si vous bénéficiez de cette bourse d’études, il reste à votre charge un montant total pour l’ensemble de la formation de 494 €, ou pour la session unique des travaux pratiques (30 juin - 3 juillet) 254 €.
Conditions générales
voir les conditions générales
Contact formation professionnelle
Mélanie Guichard
Fondation Royaumont
F-95270 Asnières-sur-Oise
tel + 33 1 30 35 59 84
fax + 33 1 30 35 39 45
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