Cœur de l'abbaye, c'est l'un des plus grands cloîtres de l'ordre cistercien.
La galerie qui longe le bâtiment des moines, à l'est, fut entièrement détruite à l'époque de la filature, puis reconstruite à la fin du XIXe siècle. Une comparaison avec la galerie attenante aux murs de l'église, donne une idée de la qualité des restaurations menées depuis le siècle dernier.
Le jardin à la française, avec sa pièce d'eau, a été dessiné par Achille Duchêne et date du début du XXe siècle. A l'origine, un lavabo (petit édifice gothique qui abritait une vasque où jaillissait l’eau potable) y prenait place en face du réfectoire. Le toit en appentis, qui couvrait les galeries du cloître a également disparu.
Les restaurations du cloître par la Fondation Royaumont
C'est à la fin du XIX° siècle, à l'initiative des sœurs de la Ste Famille de Bordeaux, alors propriétaires de l’abbaye, que les toitures ont été remplacées par des terrasses afin d’améliorer les circulations. L’architecte Louis Vernier fut chargé de mener à bien ce chantier, il avait déjà préconisé à l’époque une couverture en plomb mais c’est une autre solution qui fut adoptée.
La couverture des galeries du cloître
a été refaite afin de rendre étanche cette partie de la construction. Elle est composée de plomb et cuivre. Les plaques en plomb sont reliées entre elles par des joints creux et en pente avec fond en cuivre afin de favoriser l’évacuation vers les chéneaux. A l’emplacement des circulations, c’est du plomb coulé sur sable en atelier, et réalisé selon une technique ancienne, qui a été choisie, ce matériau offrant une résistance accrue et une certaine rugosité afin d’éviter toute glissade. L’ensemble de la couverture est posé sur une dalle de béton.
Restitution des balustrades
Les garde-corps surmontant les galeries du cloître sont en cours de restitution, les travaux seront terminés au début de l’été. Les premières restaurations du cloître ont commencé en 1869 et les balustrades d’origine ont sans doute été posées dans la foulée. Ces balustrades partiellement écroulées et devenues trop dangereuses ont été enlevées en 1974. Le dessin de celles qui sont posées aujourd’hui s’appuie sur leur « modèle » du XIX° siècle, les parements et les moulures en pierres de St Maximin (Oise) ont donc été inspirés d’éléments anciens encore présents dans l’abbaye. Dans la mesure du possible les pierres d’origine des assises ont été conservées, les pierres, réemployées ont été nettoyées à l’eau douce sans produit détergent.
Restaurer Royaumont aujourd’hui
Ces travaux, dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par la Fondation Royaumont, achèvent la restauration complète du cloître qui s’est effectuée par étape : En 1997 ce sont les galeries Est et Sud qui ont été restaurées (voûtes, banquettes et éclairages) suivi par le drainage et la reprise des contreforts puis, en 2006, une partie de la galerie Ouest (le reste ayant été restauré avant 1993).
Cette dernière campagne de restauration s’inscrit dans la longue histoire des utilisations successives du monument. Pierre-André Lablaude, architecte en chef des monuments historiques, en charge de Royaumont, résume ainsi la philosophie qui préside au choix des partis-pris de restauration dans l’abbaye.
« Restaurer Royaumont, c’est conserver (……) cette stratification d’un ensemble architectural où chaque époque serait venue déposer son sédiment (….) c’est mieux donner à lire désormais cette épaisseur savoureuse et éloquente de l’Histoire, dans une vision apaisée du monument, réconciliatrice et fédératrice des différentes époques et campagnes de travaux qui, siècle après siècle et jusqu’aux plus récents, en ont généré la matière et l’image ».
Le financement
Le montant de l’opération s’élève à 1.610.000€, financée à 48% par l’Etat, 29% par la Région Ile-de-France
et 24% par le Département du Val d’Oise.
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