Le cloître et son jardin

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Histoire du cloître de Royaumont


Le cloître avant A. Duchêne
D.R.

 

Les jardins des cloîtres se composaient généralement de plantes médicinales, ou de plantes aromatiques ou encore de fleurs (des lis, des iris jaunes, des roses trémières, des roses églantiers) ou bien restaient nus, recouverts de terre battue. L'eau est très importante, on la trouve fréquemment au centre des cloîtres : en effet, elle est propice à la méditation, et suggère les fleuves du Paradis. Mais nous ignorons tout du jardin du cloître de l'abbaye de Royaumont au Moyen Âge.

 

Le départ des moines et l'installation d'une filature a sans doute modifié profondément le cloître.

Le lavabo est détruit, tout comme l'aile est du cloître où une conciergerie est construite. L'activité industrielle laisse peu de place au jardin, traversé d'un mur et planté de petits arbres.


A leur arrivée en 1869, les religieuses de la Sainte-Famille de Bordeaux restituent la galerie du cloître détruite et aménagent un jardin découpé par des petites haies et des rosiers en quatre parties symétriques. Une photo de la fin du XIXe siècle montre un bassin en son centre, qui sera repris par Achille Duchêne.


En 1905, la famille Goüin achète l'abbaye aux religieuses. Elle commande en 1912 le jardin du cloître au célèbre paysagiste Achille Duchêne (1866-1947).
Celui-ci apprend de son père, avec qui il collabore très tôt, la science du tracé et de la perspective ainsi que des subtils nivellements de terrain. Admirateur d'André Le Nôtre, il ressuscite le jardin à la française et en diffuse le modèle dans le monde entier. Il restaure les jardins de Champs-sur-Marne, de Vaux-le-Vicomte.

 

Au XIX° siècle Achille Duchêne redessine le jardin du cloître

Il le dessine dans un style librement inspiré des parterres à compartiments de la Renaissance. Ce jardin accueille parmi ses tout premiers visiteurs et hôtes les blessés de l'hôpital militaire. Plus de 10 000 poilus y seront soignés entre 1915 et 1919 ; ils s'y ressourceront aux beaux jours. Le président de la République Poincaré les visitera le 22 septembre 1916. Le cloître et son jardin serviront aussi de cadre à des manifestations officielles, comme des remises de médailles.

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Les restaurations du cloître


© Jérôme Johnson

C'est à la fin du XIX° siècle, à l'initiative des sœurs de la Ste Famille de Bordeaux, alors propriétaires de l’abbaye, que les toitures ont été remplacées par des terrasses afin d’améliorer les circulations. L’architecte Louis Vernier fut chargé de mener à bien ce chantier, il avait déjà préconisé à l’époque une couverture en plomb mais c’est une autre solution qui fut adoptée.

 

La couverture des galeries du cloître

a été refaite afin de rendre étanche cette partie de la construction. Elle est composée de plomb et cuivre. Les plaques en plomb sont reliées entre elles par des joints creux et en pente avec fond en cuivre afin de favoriser l’évacuation vers les chéneaux. A l’emplacement des circulations, c’est du plomb coulé sur sable en atelier, et réalisé selon une technique ancienne, qui a été choisie, ce matériau offrant une résistance accrue et une certaine rugosité afin d’éviter toute glissade. L’ensemble de la couverture est posé sur une dalle de béton.

 

Restitution des balustrades

Les garde-corps surmontant les galeries du cloître ont été restitués en 2008. Les premières restaurations du cloître ont commencé en 1869 et les balustrades d’origine ont sans doute été posées dans la foulée. Ces balustrades partiellement écroulées et devenues trop dangereuses ont été enlevées en 1974. Le dessin de celles qui sont posées aujourd’hui s’appuie sur leur « modèle » du XIX° siècle, les parements et les moulures en pierres de

St Maximin (Oise) ont donc été inspirés d’éléments anciens encore présents dans l’abbaye. Dans la mesure du possible les pierres d’origine des assises ont été conservées, les pierres réemployées ont été nettoyées à l’eau douce sans produit détergent.

 

Restaurer Royaumont aujourd’hui

Ces travaux, dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par la Fondation Royaumont, achèvent la restauration complète du cloître qui s’est effectuée par étape : en 1997 ce sont les galeries Est et Sud qui ont été restaurées (voûtes, banquettes et éclairages) suivies par le drainage et la reprise des contreforts puis, en 2006, une partie de la galerie Ouest (le reste ayant été restauré avant 1993).

 

Cette dernière campagne de restauration s’inscrit dans la longue histoire des utilisations successives du monument. Pierre-André Lablaude, architecte en chef des monuments historiques, en charge de Royaumont, résume ainsi la philosophie qui préside au choix des partis-pris de restauration dans l’abbaye :

 

« Restaurer Royaumont, c’est conserver [...] cette stratification d’un ensemble architectural où chaque époque serait venue déposer son sédiment [...] c’est mieux donner à lire désormais cette épaisseur savoureuse et éloquente de l’Histoire, dans une vision apaisée du monument, réconciliatrice et fédératrice des différentes époques et campagnes de travaux qui, siècle après siècle et jusqu’aux plus récents, en ont généré la matière et l’image ».

 

Le financement

Le montant de l’opération  s’élève à 1.610.000 €, financée à 48 % par l’Etat, 29 % par la Région Ile-de-France

et 24 % par le Département du Val d’Oise.

 

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La restauration du jardin


© Lawrence Vigouroux

Le cloître de l'abbaye de Royaumont est un ensemble architectural particulièrement harmonieux organisé autour de son jardin central.


La restauration du jardin se réfère au début du XXe siècle

Trait marquant de ce cloître, sa taille, et sa forme : de vastes dimensions, il est rectangulaire et non pas carré, ses galeries mesurant pour celles orientées est-ouest, 48,35 m, et 46,80 m pour les deux autres.
Cet espace clos se trouvait, jusqu’à fin 2009, dans un état de présentation très simplifié et hétérogène avec la disparition des grands ifs dont les silhouettes rythmaient antérieurement la périphérie du cloître. Dans l'architecture et le décor du cloître, les végétaux sont stylisés, simplifiés et suggèrent la maîtrise de la nature qui doit rester harmonieuse.

La restauration du jardin se réfère au début du XXe siècle, lorsqu’Achille Duchêne redessine le jardin du cloître dans un style librement inspiré des parterres à compartiments de la Renaissance. Le projet prévoit ainsi de conserver les emprises et les tracés des compartiments actuels, ainsi que ceux de leurs pièces de gazon et bordures de buis, de rétablir les ifs plantés le long de la galerie et en lisière de la petite salle centrale et d'intégrer quelques massifs de rosiers pour refermer cet espace central organisé autour du bassin.

 

Une œuvre permanente de Yann Toma pour le bassin central

L’œuvre Geysir Ouest-Lumière se situe sur toute l’étendue du bassin, au centre du cloître. L’œuvre puise dans l’identité même de l’abbaye et ce qui fait son authenticité première : la présence de l’eau, incarnée par la sobriété cistercienne. Elle se matérialise par l’activité de l’eau : sa présence, son jaillissement et son illumination.

 

Au repos, l’œuvre est consignée dans le cadre d’une citerne souterraine et du bassin lui–même. En phase active, elle culmine à une hauteur de sept mètres. Juste avant le jaillissement du geyser, on constate un effet de bouillonnement progressif qui préfigure l’événement.

 

Un dispositif de spots éclaire d’une blancheur intense le bassin puis s’intensifie au jaillissement du geyser, il fonctionne de façon permanente dès la tombée de la nuit. Un petit filet d’eau continue de bercer le cloître de sa douce tonalité.

 

 

GDF-SUEZ soutient la restauration du jardin du cloître

Avec la participation financière de l'Agence des Espaces verts de la Région Ile-de-France

 

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Zoom sur


le cloître retrouve un nouveau souffle !

la restauration du jardin du cloître achève la campagne de travaux entreprise depuis 1996. Les interventions de restauration se fondent sur un état de référence correspondant aux dispositions créées au début du XXe siècle, lors de la campagne de travaux alors conduite par le célèbre paysagiste Achille Duchêne.

 

 

Voir l'avancement des  

travaux

 

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Saint Louis à Royaumont


© Jérôme Johnson

 



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