Les voix du mélodrame (16 au 19 février 2006, à l'abbaye de Royaumont)

Colloque pluridisciplinaire international sous l'égide de la Fondation Royaumont (Centre de la Voix), de l'association ARTDI (avec le soutien de la SMDTS - Ministère de la Culture) et du CNRS (laboratoire IDEAC)


Introduction
Programme
Intervenants

 


Introduction

Ecoutons les voix, étudions le mélodrame, au double sens du mot : genre théâtral (drame populaire des années 1800-1840) et genre musical (déclamation théâtrale avec accompagnement musical, qui s’affirme dès 1770), afin d’explorer la limite imprécise entre musique et théâtre, matière des utopies esthétiques des « génies créateurs » et du « travail d’avant-garde » de Rousseau à Schoenberg, de Berlioz à Berio, jusqu’aux poètes compositeurs de la nouvelle ère numérique – mais sans jamais entériner la fusion opératique qui résoudrait la contradiction dynamique d’un genre fondamentalement impur. Attention, un troisième terme complique au XXe siècle la double ouverture de la définition : le cinéma. Si le cinéma muet européen porte les traces archéologiques de la gestuelle emphatique du théâtre du XIXe siècle, le mélodrame devient un genre cinématographique à part entière, via Hollywood (Minnelli, Sirk, Vidor, Wise…), de Charlie Chaplin à Lars von Trier. Après un siècle, selon un caractéristique effet de retour, l’influence du cinéma mélodramatique se fait sentir dans ses deux arts d’origine (notamment dans la mise en scène du spectacle vivant, de plus en plus cinéphilique).

 

Le mélodrame, hystérique mélange des genres, en fait « toujours trop ». Aujourd’hui, alors que la parole au théâtre semble à nouveau à la recherche du lyrisme, ou au moins d’une faconde nouvelle (Novarina, Py…), et qu’il n’est plus considéré comme « pompier » de déclamer l’alexandrin en accentuant mélodiquement sa prosodie, nous voulons interroger l'héritage du XIXe siècle, dont le paradoxal exotisme peut insuffler une force insolite à  des recherches actuelles. Souvenons-nous de l'indulgence d’Antonin Artaud pour la naïve grandiloquence du mélodrame. Dans la continuité des études accomplies sur les codes de la théâtralité baroque, élucidons comment la décadence de ceux du mélodrame – voués au ridicule – détermine encore souterrainement la plastique de la mise en scène (exemples évidents : emphase du mouvement chez Chéreau, décorativisme « gothique » chez Mesguich, etc…). Au-delà de la revendication rebelle d’un certain « mauvais goût » il s’agit d’évaluer comment l’énergétique surthéâtralité du mélodrame réanime (pour le meilleur ou le pire… l’efficacité sensible des effets mélodramatiques auprès du public demeurant souvent une solution de facilité) des formes modernes et contemporaines.

 

En somme, contre toute occultation idéologique au nom du « bon goût », il s’agit de réévaluer l’impur et d’élaborer les éléments critiques interdisciplinaires d’une esthétique spectaculaire de l’excès.

 

Christophe Deshoulières,

directeur scientifique de l'université de Poitiers

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Programme

Jeudi 16 février 2006

I- Entre idées reçues et repères disciplinaires

 

14h30 – 16h30

1. Vous avez dit « mélodrame » ? (avant propos)

Christophe Deshoulières

2. Musique et Mélodrame

Jacqueline Waeber

 

PAUSE

 

17h00 – 19h00

3. Théâtre et mélodrame

Jean-Marie Thomasseau

4. Cinéma et mélodrame

Jean-Louis Leutrat

 

Vendredi 17 février 2006

II- Pratique et esthétique : des sources historiques à l’interprétation contemporaine

(Ce volet du colloque est réservé aux intervenants)

 

10h00 – 13h00

1. De l'interprétation du mélodrame

Caroline Gautier

 

2. Visite de l’atelier dirigé par Caroline Gautier

 

 

14h30 – 16h30

III- « Correspondances » romantiques et cinétiques

 

1. Jules Janin, témoin critique du mélodrame

Chiara Bongiovanni

2. Musique et mise en scène dans le mélodrame-féerie

Roxane Martin

3. Parole, musique et geste

Jacqueline Waeber – (en écho à la publication simultanée de son nouvel essai : En musique dans le texte. Le mélodrame, de Rousseau à Schoenberg, Patrick Van Dieren éd., Paris)

 

PAUSE

 

17h00 – 19h00

4. Gestes de diva dans le cinéma muet italien

Suzanne Liandrat-Guigues

 

DEBAT SYNTHESE – L’invention de la « colonne sonore » de la scène à l’écran

En compagnie d’Emilio Sala (auteur de L’opera senza canto, Marsilio ed., Venezia 1995)

 

 

Samedi 18 février

IV- La moderne réévaluation lyrique du mélodrame

 

10h00 – 13h00

1. Les Mélodrames d’Erik Satie

David Christoffel

2. « Situations » et crise du mélodrame chez Arnold Schoenberg

Costin Miereanu

 

PAUSE

 

 

 

3. L’Impureté d’un genre propice aux avant-gardes

Olivier Lussac

 

DEJEUNER A PARTIR DE 13 h

 

14h30 – 16h30

V- Les larmes du mélo : « bouillie du cœur » et nouvelles frontières audiovisuelles

 

1. « Déni de mélo » : refoulement du mélodrame et stratégies scénaristiques dans le cinéma italien contemporain

Christophe Deshoulières

2. « Toute honte bue »… Résurgences du mélodrame dans le cinéma contemporain

Carole Desbarats

3. Autour de Devdas : la dimension mélodramatique du cinéma indien selon « Bollywood »

Charles Tesson

 

PAUSE

 

17h00 – 19h00

4. La « telenovela » : l’esthétique du mélodrame sur les écrans brésiliens

Claudia Braga

5. « Mélo » et séries télévisées internationales contemporaines

Martin Winckler

6. Mélodrame et art radiophonique

Olivier Lussac

 

DINER (à partir de 20h) suivi d’une performance artistique co-produite par le GRM :

David Christoffel – titre à préciser

 

Dimanche 19 février

VI- L’excès mélodramatique entre conformisme social et recyclage des formes

 

10h00 – 13h00

1. Le mélodrame soviétique

Julia Przybos

2. Mélodrame et parodie

Jean-Marie Thomasseau

 

PAUSE

 

DEBAT FINAL DE SYNTHESE – selon les propositions de tous les participants

 

DEJEUNER

 

A partir de 16h

Présentations publiques des travaux du stage du Centre de la voix de Royaumont, dirigé par Caroline Gautier – "Fenêtre sur cour(s)"

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Intervenants

Fondation Royaumont :

Francis Maréchal, directeur
Vincent Guiot, responsable du centre de la voix

 

Colloque :

Direction scientifique : Christophe Deshoulières, université de Poitiers
Coordination générale : Sylvie Raissiguier, docteur en linguistique, Aix-en-Provence

 

CNRS (laboratoire IDEAC) :

Directeur de laboratoire : Costin Miereanu, université de Paris I
Co-directeur : Olivier Lussac, université de Nancy
son et vidéo : Dominique Lambert, prof. Institut Lumière, Paris

 

Liste alphabétique des autres participants :

Chiara Bongiovanni, université de Turin, Italie
Claudia Braga, université de Sao Joao del Rei, Brésil
David Christoffel, écrivain, docteur en musicologie à l'EHESS, Paris
Carole Desbarats, directrice d'études de la FEMIS, Paris
Caroline Gautier, artiste spécialiste du mélodrame musical
Jean-Louis Leutrat, université Paris III
Suzanne Liandrat-Guigues, université de Lille
Roxane Martin, université de Nice
Julia Przybos, City University of New York, USA
Emilio Sala, université de Milan, Italie
Charles Tesson, université de Paris III
Jean-Marie Thomasseau, université Paris VIII
Jacqueline Waeber, Trinity College, Dublin, Irlande
Martin Winckler, écrivain, spécialiste des séries télévisées

 

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