Myriam Gourfink

Parcours

« La démarche de Myriam Gourfink est centré sur une exigence radicale du corps dansant/mouvant contraint qui se plie avec rigueur à d'autres temps étirés (la lenteur comme résistance), d'autres espaces interagissant (capteurs sensibles et micro mouvements) et d'autres écritures inventées (post Laban à l'ère numérique). C'est cette notion de (re)composition mais aussi de notation du mouvement contemporain qui est au centre de la démarche unique menée par une chorégraphe étroitement associée au compositeur/sculpteur sonore Kasper T. Toeplitz qui lui aussi amène le spectateur-auditeur à repousser ses limites perceptives. Un travail en recherche permanente qui redéfinit notre intimité la plus sensible. »

Philippe Franck

 

Figure de proue de la recherche chorégraphique en France, elle reçoit la Bourse Beaumarchais 2000 pour son projet Too Generate. La même année, elle est lauréate de la Villa Médicis hors les murs (New-York 2000) et en 2002, elle reçoit une bourse d'écriture du Ministère de la Culture et de la Communication pour un travail visant à développer une écriture pour la composition chorégraphique et son intégration dans des dispositifs informatisés. Son œuvre s'inscrit largement dans cette relation à l'informatique. Parmi ses nombreuses productions, citons Waw, Übenrengelheit, Glossolalie, Too Generate, L'écarlate, Marine, Rare, Contraindre, This is my house. Ses pièces sont non seulement visibles en France mais également invitées par de nombreux festivals internationaux tels que le Spingdance festival à New-York, le FIND à Montréal, la Biennale de la danse à Tokyo, le Künsten festival des arts à Bruxelles, le Festival de La Bâtie à Genève, le Festival Danças Na Cidade à Lisbonne, le Festival equilibrio à Rome, etc.

 

Artiste en résidence à l'IRCAM en 2004-2005 et au Fresnoy-studio national des arts contemporains en 2005-2006, elle est depuis janvier 2008 directrice du Centre de recherche et de composition chorégraphiques (CRCC) à la Fondation Royaumont.

 

Démarche artistique

Les techniques respiratoires du yoga fondent la démarche de Myriam Gourfink. L'idée est de rechercher la nécessité intérieure qui mène au mouvement. Guidée par le souffle, l'organisation des appuis est extrêmement précis, la conscience de l'espace ténue. La danse se fait lente, épaisse, dans un temps continu. Cette connaissance du mouvement et de l'espace permet de concevoir des chorégraphies sans travail en atelier. Grâce à ce qu'elle subodore d'une situation dansée, nul besoin de se mouvoir pour ressentir la danse : les sens et l'intellect la reconstituent.

 

Comme les musiciens elle utilise une écriture symbolique pour composer l'univers géométrique et l'évolution poétique de la danse. Ayant étudié la Labanotation avec Jacqueline Challet Haas, elle a entrepris à partir de ce système une recherche pour formaliser son propre langage de composition. Chaque chorégraphie invite l'interprète à être conscient de ses actes et de ce qui le traverse. Les partitions activent sa participation : il fait des choix, effectue des opérations, fait face à l'inattendu de l'écriture, à laquelle il répond  instantanément.

 

Pour certains projets les partitions intègrent des dispositifs (informatisés) de perturbation et re-génération en temps réel de la composition pré-écrite : le programme gère l'ensemble de la partition et génère des millions de possibilités de déroulements. Les interprètes pilotent - via des systèmes de captation- les processus de modification de la partition chorégraphique, qu'ils lisent sur des écrans LCD. Le dispositif informatique est ainsi au cœur des relations d'espace et de temps. Il permet, au fur et à mesure de l'avancement de la pièce, la structuration de contextes inédits.

 




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