Tournée Baagal Safrea

Baagal Safrea


© Gilles Abegg 2005

Ballake Sissoko

 

rencontre

 

Diddal Jaalal

 

Un pied dans le local,

un pied dans le global,

Ballaké Sissoko.

 

Dans l’entretien  Les deux familles de Ballaké Sissoko, Ballaké Sissoko révèle comment il a su créer un sas qui lui permet de passer à travers trois espace-temps à vitesses différentes, celui du Mali et de Bamako, celui de la région parisienne, et celui du monde aperçu depuis les tournées.

Très enraciné dans la culture malienne, mandingue et griotique par son père, lui-même grand joueur de kora, Ballaké Sissoko échappe de plus en plus au Mali, pour dessiner peu à peu la figure d’un Malien universel.

 

Les aventures musicales des trois dernières années en témoignent . Si la rencontre avec Keyvan Chemirani dans Le rythme de la parole (2004) a été la plus marquante, Ballaké a cherché à diversifier l’expérience de la rencontre avec différents langages musicaux, incarnés par des personnalités internationales du genre : avec Ross Daly (lira) en Grèce sur les modes orientaux, avec Jean-Luc Einaudi (piano) sur le langage de l’improvisation jazz, ou encore avec Daryush Tala'i (tar et setar) sur la musique persane.

 

Pourquoi alors Ballaké a-t-il choisi de faire passer son chemin par Nouakchott et la Mauritanie de l’ensemble Diddal Jaalal, et de tenter une rencontre afro / africaine avec des musiciens locaux, au risque de paraître freiner une trajectoire de plus en plus extra africaine ?

Diddal Jaalal, fier de sa culture peule, constitué à Nouakchott il y a une dizaine d’années par des chanteurs et musiciens venus du Sud-Est de la Mauritanie, encore inconnu il y quatre ans ; Diddal Jaalal, que nous avions découvert en 2005 au Festival International des musiques nomades de Nouakchott, partagé entre sa volonté de défendre la culture peule et celle d’illustrer le concept, qui leur est cher, de « musique soudanaise », de l’Ethiopie au Sénégal…

Diddal Jaalal, enfin, dont la pratique musicale était, au début 2006, à des années-lumière de l’imagination musicale et de la virtuosité de Ballaké, et de sa faculté de créer un langage universel avec la kora…

 

Mais voici que Ballaké tend la main à ses voisins oubliés, et en grand frère de cœur, entraîne avec tact Diddal Jaalal dans les régions d’eux-mêmes où ils ne savaient pas qu’ils iraient, alliages de vielles et de voix, ritournelles et ostinatos sur lesquels la kora jaillit en fusées aquatiques ou se fait grave et rêveuse

Travail, travail et travail : quatre résidences à Bamako (mars), à Royaumont (avril), à Nouakchott (septembre), puis à Royaumont (octobre), avant de livrer le fruit de la rencontre le 14 octobre 2006 à Royaumont, et le 16 octobre 2006 au Théâtre de la Ville/ Théâtre des Abbesses.

 

Faire entendre dans une même conversation la langue pulaar et la langue bambara, projetée droit au ciel par le chant tout en énergie tendue de Adama Coulibaly.

Faire resurgir la part commune de musique, provenant de l’époque où l’Afrique de l’ouest n’était pas clivée par les frontières coloniales, et, à l’instigation de Ballaké, créer ensemble une musique qui n’est ni malienne, ni mauritanienne, mais leur.

 

Neuve. Orale dans ses deux composantes, orale dans la création née de leur confluence.

Originale, en dépit de la différence de niveau et de pratique entre Ballaké et Diddal Jaalal.

Ou plutôt, grâce à cette différence même.

Et voici que les vielles et les voix peules fondues ensemble sonnent dans la mémoire de Ballaké avec une fraîcheur retrouvée, et que la kora de Ballaké fait naître un personnage musical collectif, où chacun n’est ni le même, ni autre tout-à-fait.

 

Frédéric Deval


Les raisons d'être de cette rencontre


Photo de Ba Djibril Nagawa

 

 

Ballaké Sissoko est l’un de ces musiciens passeurs qui peuvent articuler leur langage musical avec d’autres langages musicaux du monde entier.

 

 

La musique qui en résulte est audible en des espace-temps du monde très différents, comme autant de zones imaginaires qui s’articulent eux-mêmes autour de Ballaké.

 

Il y a d’abord les lieux sources de l’aventure Baagal Safrea en Afrique de l’ouest : Mali –et au Mali, Bamako et la langue bambara, Mauritanie -et en Mauritanie, le sud-est peul voisin du Mali, et la capitale Nouakchott.

Le Centre Culturel Français de Bamako (Mali) a porté l’aventure sur son versant africain, dès le premier jour.

Le Centre Culturel de Nouakchott et l’Ambassade de France à Nouakchott (Mauritanie) ont accompagné le développement de Diddal Jaalal tout au long de la rencontre.

Cultures France et Afrique en création ont amplifié leur intervention, en facilitant les voyages des musiciens africains vers l’Europe.

Et il y a toutes les raisons d’espérer que, en retour,  Baagal Safrea puisse être présenté, en 2007 en Afrique de l’Ouest, au jugement des publics de ces pays où se situent les sources musicales de l’aventure.

 

Il y a ensuite Royaumont / Paris, la zone où se joue, dirait Jean-Loup Amselle, l’opération d’universalisation.

Le Théâtre de la Ville, en accueillant quasi simultanément à Paris cette création née à Royaumont, en démultiplie le sens. Grâce à leur complémentarité, Royaumont et le Théâtre de la Ville accroissent la dynamique de ce croisement contemporain entre musiques orales, qui est accueilli en tant que création au Théâtre de la Ville, l’un des lieux d’Europe qui a le plus contribué à la connaissance publique des musiques de transmission orale.

La Maison de la Musique de Nanterre, qui est en affinité profonde avec la vision de croisements créatifs, et par la dialectique entre le fixé et le non fixé, a soutenu le propos de Baagal Safrea dès l’origine.

Et deux partenaires réguliers de Royaumont, le Théâtre de St Quentin en Yvelines et  le Gallia Théâtre de Saintes participent à cette tournée qui prend la relève.

Last but not least, la Ville d’Eragny (Val d’Oise) est à saluer pour son invitation à Diddal Jaalal de participer en novembre à la Semaine de la solidarité internationale avec des associations africaines et non africaines.

 

Ainsi, du Mali et de la Mauritanie à l’Ile-de-France et à son retour vers l’Afrique, la musique de Ballaké et de Diddal Jaalal dé-compose t’elle et re-compose t’elle dans les imaginaires collectifs les territoires qu’elle traverse.

 

Frédéric Deval


Dates 2006

Baagal Safrea :

Samedi 14 octobre à l'abbaye de Royaumont (Asnières-sur-Oise)
lundi 16 octobre  au Théâtre des Abbesses - Théâtre de la Ville (Paris)
Mercredi 25 octobre au théâtre de Saint-Quentin en Yvelines
18 novembre à    la Maison de la Musique (Nanterre)

 

Mais aussi :

le 15 octobre à l'abbaye de Royaumont (Asnières-sur-Oise) : Ballake tel qu'en lui même (kora, n'goni, bolon)
Le 17 octobre au Théâtre Gallia (Saintes) : concert de musique malienne avec Ballake Sissoko
Le 18 octobre 2006 : rencontre avec les élèves de lycée et de l'école de musique de Saintes

 


Coproducteurs

Fondation Royaumont (Asnières-sur-Oise)
Théâtre de la Ville (Paris)
Théâtre Gallia (Saintes)
Maison de la Musique (Nanterre)
Centre Culturel Français de Bamako (Mali)
Centre Culturel Français de Nouakchott (Mauritanie)
Ambassade de France en Mauritanie
Afrique en Création - Culture France

 

 


Partenaires

EHESS
Radio-France
SPEDIDAM
ADAMI

 

Nos remerciements à l'association peul Ilo Yaladi (France) pour son soutien durant la tournée Baagal Safrea.


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