Amelia Cuni, chant Dhrupad
Ray Kackzynski, percussions
Federico Sanesi, percussions
Werner Durand, électronique
Ulrich Krieger, consultant musical
Pour la version scénographiée
Petra Peters : costumes
Cristina Tappe : consultante théâtrale
Guido Henneböhl : production électronique
Dans les années 40, John Cage rencontra la musique et la philosophie indiennes et commença à appliquer certains de ces principes à son propre travail. Cependant, l’Inde influença la musique de John Cage à un niveau conceptuel et théorique. Ces 18 ragas microtonaux représentent un exceptionnel et unique exemple pratique de l’approche de John Cage de cette tradition musicale riche et stimulante. Le Solo #58 pour voix est constitué de 18 parties séparées et indépendantes à l’intérieur d’une oeuvre "indéterminée". Le défi pour l’interprète consiste à développer des ragas hors du matériau tonal qui a été composé dans un contexte non traditionnel. Cette apparente contradiction a été la force motrice de l’engagement intensif d’Amélia Cuni dans son travail de ces dernières années. Amélia Cuni a présenté son solo pour la première fois lors de la restitution complète des Songs books en mai 2001 au Théâtre des Bielefeld en Allemagne en
collaboration avec Christian Kesten et le Nouvel Ensemble de Musique Vocale, die Maulverker. Ensuite, elle décida de se consacrer profondément et
intensément à ce travail exceptionnel, sentant qu’il s’agissait d’une opportunité unique d’améliorer sa propre compréhension de la relation entre tradition et expérimentation dans la confrontation Orient-Occident et dans un processus de déconditionnement adhérent parfaitement à son histoire personnelle en tant que chanteuse de Dhrupad européenne. John Cage utilise le mot raga (module mélodique) et le mot tala (cycle rythmique) dans ses instructions pour le Solo #58 et par conséquent les pièces sont traitées comme tel, bien qu’elles ne correspondent à aucun raga traditionnel indien à cause de plusieurs divergences musicologiques. Ces divergences amènent une longue série de questions et de défis à la compréhension basique de la musique indienne. Elles induisent une perspective et suggèrent des développements possibles pour une tradition ancienne mais vivace. Deux concepts basiques sont intégrés à la réalisation complète du Solo #58. La signification du raga "pour colorer l’esprit" et les opérations de hasard qui sont un outil typiquement cagien. Ensemble, elles influencent le résultat visuel et sonore. En suivant les instructions de Cage, d’autres solos pour voix et solo pour le théâtre (avec ou sans électronique) seront intégrés ou superposés aux 18 ragas microtonaux. Cage laisse ouvert un vaste champ de possibilités en encourageant l’interprète à l’introspection, au questionnement, au choix et à la création de façon expérimentale. Solo #58 incarne les traits les moins connus et les plus inaccessibles du travail de John Cage.
Amelia Cuni 
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