La Capella PratensisPeter Van Heyghen, Stratton Bull, co-directeurs
Fondé en 1987, l'ensemble vocal la Cappella Pratensis s'est spécialisé dans la polyphonie des XVe et XVIe
siècles. Son nom renvoie à la forme latine de "des Prez", en référence à Josquin des Prez, ce compositeur qui s'est posé en maître incontesté de son époque. Le répertoire du groupe se place sous le signe de sa musique.
L'ensemble tend à ressusciter les chefs-d'œuvre du répertoire polyphonique en recréant les conditions musicales qui prévalaient à la Renaissance : les chanteurs, réunis autour d'un pupitre, interprètent des partitions transcrites comme à l'origine en notation mesurée dans un grand livre de chœur. L'interprétation de la Cappella Pratensis repose aussi sur des principes premiers, tels la reconnaissance du chant grégorien en tant que fondement de la polyphonie renaissante, la primauté d'une ligne mélodique flexible et horizontale, le système modal et l'influence de la langue sur l'interprétation et la technique vocale. Ces principes ne répondent pas à un souci d'authenticité mais à la volonté de rendre justice à un répertoire qui mérite d'être considéré comme l'un des points culminants de la culture musicale occidentale.
De 1987 à 2002, la Cappella Pratensis est placée sous la direction de Rebecca Stewart, fondatrice de la philosophie du groupe. Sous ses auspices, l'ensemble engrange une expérience unique dans ce style
d'exécution, qui lui permet de se distinguer sur la scène internationale. En 2003-2004, Bart Demuyt guide le groupe sur la voie d'un renouveau par un retour au répertoire central qu'est la musique de Josquin des Prez et de ses contemporains. Aujourd'hui, la relève est assurée par le duo Stratton Bull et Peter Van Heyghen, qui tiennent les rênes de la coordination artistique de l'ensemble. Cette nouvelle direction promeut des projets qui célèbrent les compositeurs de la fin du XVIe siècle, le développement d'un élément instrumental et l'instauration d'un important volet éducatif au travers d'ateliers, de partitions et de présentations multimédia.
La Cappella Pratensis s'est illustrée sur la scène de festivals et concerts renommés à travers l'Europe (Utrecht Early Music Festival, Regensburg Festival, Flanders Festival, York Early Music Festival,…) et s'est produit en tournée en Amérique du Nord et au Japon. L'ensemble a enregistré une dizaine de CD et a reçu le prestigieux Diapason d'Or pour son enregistrement de Missa Mi-mi d'Ockeghem.
En 2005-2006, l'ensemble Cappella Pratensis est en résidence à la Foncation Royaumont. Cette résidence sera l'occasion de divers cours d'interprétation de polyphonies, de concerts, d'ateliers et de projets de collaboration. Il y a peu, la Cappella Pratensis était en résidence à la Harvard University (novembre 2004), une semaine durant laquelle un concert, des conférences-démonstrations et un atelier ont été organisés.
L’ensemble Cappella Pratensis reçoit le soutien du Ministère van OC&W, de la Province Nord Brabant, de Fontys Hogescholen et de VSB-Fonds.

Projets 2005-2006 : Des Flandres à l'Italie, le parcours de la polyphonie au XVe siècleAu XIVe siècle, la Flandre est le nouveau berceau de l’art polyphonique. Mais, dès le XVe siècle, cet art polyphonique dit "flamand" ou "franco-flamand" se diffuse dans toute l’Europe, porté par des compositeurs tels que Dufay, Isaac, Obrecht… Il trouve ses principales ressources dans l'art sacré et ces mêmes compositeurs deviennent les hôtes des principales chapelles des cours italiennes. L'Italie est alors un espace où se joue pleinement l'échange culturel et la grande réussite de ces compositeurs est aussi qu’ils soient parvenus à associer la tradition du Nord (d’où ils viennent) aux sources locales italiennes. Cette rencontre est aussi celle du Moyen Age et de la Renaissance.
La première étape de ce projet s’est concentrée en 2005 sur l’art franco-flamand de Josquin Desprez comme une introduction à la polyphonie. Dans un deuxième temps, en juin 2006, les musiciens ont approfondi leur approche de Josquin Desprez avec des œuvres ayant un lien très tangible avec Florence, comme le Miserere, inspiré par Girolamo Savonarola et O virgo prudentissima sur un texte d’Angelo Poliziano (l’auteur de la Fabula di Orfeo). Cette seconde étape est perçue comme une transition vers l’univers d’Heinrich Isaac, qui sera abordé en juillet prochain. 
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