Le 13 janvier 1775 fut créée à la Cour de Munich La Finta Giardiniera, second opéra bouffe de Mozart qui avait 18 ans et était déjà célèbre par ses operas seria : l’œuvre connut un succès remarquable mais fut très vite oubliée après seulement trois représentations.
La Finta Giardiniera avait déjà été mise en musique en 1774 par Pasquale Anfossi, de trente ans son aîné, alors considéré comme "célèbrissime maître de chapelle": son succès était tel dans ces années-là qu'il obscurcissait à Rome la gloire de Niccolo Piccinni, son maître et protecteur qui l'avait formé à Naples. La création au Théâtre des Dames durant le carnaval 1774 avait donc eu lieu seulement un an avant les représentations mozartiennes à Munich. Mozart accepta la commande en 1774, et le livret de La Finta Giardiniera lui fut proposé par l’intendant musical de la Cour, le Comte de Seau. Il est probable que le succès remporté par l’œuvre d’Anfossi à Rome ait joué un rôle important dans ce choix, peut-être transmis par l’ambassadeur auprès de l’Etat Pontifical, Gian Grancesco Catena, qui l’avait fort appréciée.
L'œuvre d'Anfossi connut des reprises et des tournées à travers toute l'Europe au XVIIIe siècle. Mais contrairement à l'œuvre de Mozart, ce sera sa première recréation à notre époque.
Le livret utilisé par Mozart est strictement identique à celui d'Anfossi, à l'exception de quelques récits supprimés par Mozart, d'un petit duo rajouté par Mozart (Sandrina/Belfiore dans le finale de l'Acte II), et de deux airs supprimés par Mozart dans l'Acte III (Serpetta scène 3 et Arminda scène 5). Selon les choix musicaux et dramatiques de la double production présentée ici, il a été procédé à des coupures différentes dans chacune des œuvres, ce qui peut accentuer des différences qui n'apparaissent pas dans les livrets originaux. 
|