Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla

Exposition "Split the Lark"

Exposition & installation, Patrimoine, Visites enrichies, Autres événements
A Royaumont
Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla


[English below]

Du 2 avril au 10 juin, la Fondation Royaumont invite le couple d’artistes plasticiens Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla à intervenir sur le site de l’abbaye dans le contexte exceptionnel des rénovations en cours du monument.

A l'occasion de la réouverture de l'abbaye à tous les visiteurs, Split the Lark présente une sélection d’œuvres audio-visuelles choisies par les artistes, ainsi qu’une nouvelle œuvre réalisée spécialement pour l’occasion.

En prenant pour point de départ un poème d’Emily Dickinson faisant référence à l’alouette mélodieuse, l’exposition se concentre sur les notions de fragment et de reconstitution propres au contexte de la restauration. Allora & Calzadilla examinent ainsi le rapport de l’homme à la nature et à son histoire par le biais de la musique comme élément conciliateur.

Les artistes

Jennifer Allora (née en 1974, Philadelphie) et Guillermo Calzadilla (né en 1971, La Havane) collaborent depuis 1995. A travers une approche basée sur la recherche, leur travail explore les intersections entre histoire, culture matérielle et politique à travers une variété de mediums tels que performance, sculpture, son, vidéo et photographie.

 En savoir plus

Leur travail a été exposé et fait partie de nombreuses institutions publiques et collections privées. En 2016, ils feront l’objet d’une exposition au Art Gallery of Alberta, Canada. Ils présentent en ce moment et jusqu'en septembre 2017 le projet Puerto Rican Light (Cueva Vientos), Dia Art Foundation, Guayanilla–Peñuelas, Porto Rico (2015). Leurs principales expositions individuelles incluent le Philadelphia Museum of Art Fabric Workshop and Museum (2014); Trussardi Foundation, Milan (2013); le Pavillion US à la 54ème Biennale de Venise (2011); the Museum of Modern Art, New York (2010); Haus der Kunst, Munich (2008); and Stedelijk Museum Amsterdam (2008); et la Serpentine Gallery, Londres (2007).
Les artistes vivent et travaillent à San Juan, Porto Rico. Ils sont représentés par la galerie Chantal Crousel à Paris.


Les œuvres

A travers l’installation Split the Lark (2016) les artistes traduisent de manière expérimentale le poème d’Emily Dickinson (Split the Lark—and you’ll find the Music—, 1864), en utilisant une typographie spéciale composée du ‘slash’ (/). Ce signe peut être utilisé comme ponctuation, mais également comme signal d’improvisation dans une partition musicale. Ici, les ‘slash’ et ‘backslash’ remplacent le corps de chaque lettre afin de réduire les mots à des gestes et à des « percussions ». En divisant le rythme et le sens des mots, l’organisation des signes évoque le démembrement de l’alouette de Dickinson, et fait écho au message du poème.

En poursuivant dans la même lignée - c’est à dire des notions de fragmentation et d’irrévocable -, la vidéo Apotomē (2013) emprunte son titre au mot grec archaïque utilisé pour décrire l’intervalle musical découvert par Pythagore qui se traduit par « ce qui est divisé ». Le chanteur Tim Storms, réputé pour avoir la voix la plus grave au monde, y entonne une version « subsonique » d’un concert donné en 1798 pour deux éléphants en captivité amenés à Paris comme trophées de guerre napoléonienne.

 Les autres Œuvres

L’œuvre Raptor’s Rapture (2012) pose également la question des liens et des transmissions entre monde humain et monde animal, entre vivant et mort, par le vecteur musique.

Interludes (2014) est une œuvre sonore qui prend possession des lieux à travers le moyen éphémère et éthéré de souffle. Composé des sons respiratoires de chanteurs – sons habituellement supprimés du résultat final des enregistrements - Interludes restaure ces brèves performances dans une séquence audio faisant référence à la composition originale de la musique. Le souffle des chanteurs résonne ici dans l’espace cistercien en faisant vibrer l’air qui se déplace en permanence à travers nos propres poumons.

Egalement fondée sur les propriétés musicales du souffle, la performance Lifespan (2014) – présentée uniquement lors de la journée événement du 21 mai - invite trois vocalistes à interpréter une composition de David Lang en sifflant et soufflant autour d’une pierre de plus de 4 milliards d’années de la période Hadéenne, suspendue aux voûtes. En berçant subtilement la pierre tel un pendule, le souffle des chanteurs peut s’interpréter comme une forme poétique de la mécanique du geste. La rencontre entre l’homme et la pierre permet pour la première fois d’établir un lien fort entre le moment présent et celui des origines de la terre, une époque à laquelle il n’y avait aucun témoin vivant de la transformation géologique de la planète.


Un projet artistique coordonné par Laurène Maréchal.

L’exposition a été réalisée grâce au soutien généreux de la galerie Chantal Crousel.



 

From April 2 to June 10, Royaumont invites the talented visual artists couple Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla to take over the space to respond to the transitional context of the abbey’s renovation.

Split the Lark presents a selection of the artists’ works as well as a special commission.

Taking Emily Dickinson’s poem as a starting point, the exhibition focuses on the ideas of fragmentation and the unrecoverable, central to the site restoration. Allora & Calzadilla analyses the human relationship to nature and social history through music and sound.

Jennifer Allora (born 1974, Philadelphia) and Guillermo Calzadilla (born 1971, Havana) have collaborated on an extensive body of work since 1995. Through a research-based approach, their work traces intersections of history, material culture, and politics through a wide variety of mediums, namely performance, sculpture, sound, video, and photography. Their work has been exhibited and collected widely in public institutions and private collections. In 2016 they will have a major exhibition at the Art Gallery of Alberta, Canada. They are currently presenting the project Puerto Rican Light (Cueva Vientos), Dia Art Foundation, Guayanilla–Peñuelas, Puerto Rico (until September 2017). Their main solo exhibitions include the Philadelphia Museum of Art Fabric Workshop and Museum (2014); Trussardi Foundation, Milan (2013); the US Pavilion at the 54th Venice Biennale (2011); the Museum of Modern Art, New York (2010); Haus der Kunst, Munich (2008); and Stedelijk Museum Amsterdam (2008); and Serpentine Gallery, London (2007).
The artists live and work in San Juan, Puerto Rico. The artists are represented by Chantal Crousel gallery in Paris.

An artistic project curated by Laurène Maréchal.
The exhibition has been produced thanks to the generous support of galerie Chantal Crousel.

 MORE INFORMATION

In the specific context of the restoration undertaken on the central buiding of the abbey, Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla set out to use the material of language and sound to reveal connections between ancient and present times, history and nature. Allora & Calzadilla’s presentation emphasises the affective nature of sound in the framework of the site’s Cistercian architecture, contemplating the latter’s restoration as a trigger for an allegorical reflection on history and pre-human time.

Inspired by Emily Dickinson’s poem Split the Lark—and you’ll find the Music, the exhibition bears witness to the communication between living beings and their remains, bodies and architectural elements. By blurring the boundaries between the human and non-human, the living and lifeless, the animal and mineral, the ancient and present, Allora & Calzadilla’s work addresses the world as a constantly transmitting, fluctuating matrix.

Commissioned specifically for this exhibition, the installation Split the Lark (2016) opens the journey through the medieval edifice. The artists experimentally translate Dickinson’s phrase using a typography composed exclusively of slash signs (/) —which can be used as punctuation marks in writing as well as improvisation pointers in music scores. Here, slash and backslash replace the body of each letter, reducing words to gestural, percussive values.
Splitting rhythm and meaning, the arrangement of signs evokes the dismemberment of Dickinson’s skylark, and echoes the poem’s message—once the lark is cut, the music can no longer be heard.

Moving along similar lines, the video Apotomē (2013) borrows its title from the archaic Greek word referencing a musical interval—literally “what is cut off” in the original Pythagorean definition. The singer Tim Storms, who is credited as having the lowest recorded voice in the world, intonates a subsonic version of a concert played in 1798 for two elephants brought to Paris as spoils of the Napoleonic Wars. He sings while walking up and down aisles of taxidermy specimens in the storage room at the Muséum National d’Histoire Naturelle in Paris until he finally arrives at the elephants’ skeletal remains. With his voice reaching octaves so low that only animals as large as elephants can hear it, he recasts a historic attempt of interspecies communication through music, in a register that probes the human threshold between the audible and the sensible.

Raptor’s Rapture (2012) also questions the interconnections and transmissions between the human and animal, the living and dead, by means of music. In this case, flautist and prehistoric instrument specialist Bernadette Käfer attempts to play the oldest musical instrument found to date: a flute carved by Homo sapiens 35,000 years ago from the wing bone of a griffon vulture. Käfer discovers the ancient sound of this flute in the presence of a live griffon vulture, connecting the living descendant to its ancestor through an acoustic trace from prehistoric human culture.

The last film of the exhibition, 3 (2013), takes as its subject the Venus of Lespuge, one of the world’s best-known Upper Paleolithic Venus figures, sculpted in mammoth ivory. The figurine’s exaggerated proportions — sometimes interpreted as a symbol of intensified fertility or an icon of a religious deity - closely match the ancient Greek musical scale known as the Dorian mode. Drawing from the proportions of the Venus, Allora & Calzadilla asked the composer David Lang to produce a musical transcription of the figurine. The resulting composition is interpreted by cellist Maya Beiser in a storage room of the Musée de l’Homme in Paris. With extremely close camera work, the artists intimately probe the sonorous curves of the archaic female figure along with the splits and voids that mark its body as a result of the excavation process that brought about its rediscovery.
Interludes (2014) is a sound work that activates the physical site through the ethereal, ephemeral medium of breath. Comprised of breathing sounds from vocalists that are commonly muted from unmixed vocal recordings, Interludes restores these performative ellipses into an audio sequence referencing the music’s original composition. The sound vibrates within the Cistercian walls, filling the space with a substance—breath—that is at the same time an immaterial expression of a living, bodily presence.

Also based on the musical properties of breath is the performance Lifespan (2014), during which three vocalists interpret a composition by David Lang by whistling and breathing toward a 4 billion year old Hadean period rock sample that is suspended from the ceiling. Subtly pushing the rock like a pendulum, the singers’ breaths can be regarded as a poetic form of mechanic motion. Bringing humans into contact with this rock sample for the first time, the performance connects the present moment with that of the earth’s origins—a time when there were no living witnesses to the planet’s geological transformation.

Split the Lark offers a concert of split bodies and resonant fragments of the past, using Royaumont as the stage for experimentation, reflection, and transmission. Defying measurement, the exhibition is a gathering of sonorous phenomena beyond translation. There, somewhere between physicality and impalpability, the artists suggest, “you’ll find the Music“...

 

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