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Cet orgue est une reconstitution effectuée à partir d’un traité de la fin du XIe siècle, le Schedula Diversarum Artum (également appelé De diversibus artibus) du moine Théophile dans lequel la fabrication des orgues, entre autres objets nécessaires à la célébration de la liturgie, est décrite avec précision. Il est composé de cinquante-sept tuyaux de cuivre répartis sur trois rangs, qui reposent sur une table en châtaignier et un sommier en platane. Les quatre soufflets sont formés chacun de deux peaux de mouton. Le clavier est constitué de tirettes et comprend deux fois la même octave. C’est l’instrument idéal pour interpréter les polyphonies romanes à deux voix égales.

C’est autour de l’an mil que les orgues firent leur apparition dans les églises. L’orgue n’était pas une invention récente, son invention remonte en 450 avant Jésus-Christ. C’est un grec d’Alexandrie, Ctésibios, ingénieur et architecte, qui eut l’idée d’adapter sur ce qui peut être considéré comme une grande flûte de Pan, un système de soufflerie hydraulique. L’instrument connut un rapide succès dans le monde grec et Delphes, le sanctuaire d’Apollon, fut le cadre de concours d’orgue très estimés dans le monde musical de l’antiquité.

Avec la dislocation de l’empire romain, l’orgue disparut progressivement en Europe occidentale, mais fut toutefois conservé à Constantinople où il devint un attribut rituel de la fonction impériale. On redécouvrit l’instrument en Occident grâce à un don de l’empereur Constantin Copronyme à Pépin le bref, puis, au cours du IXe siècle, l’instrument revint habiter les imaginaires carolingiens, mais pas encore les églises.

L’introduction de l’orgue dans la liturgie doit être cherchée plus tard, autour de la personnalité d’un des plus grands savants du Xe siècle, Gerbert d’Aurillac qui devint en 999 le premier pape français sous le nom de Sylvestre II. C’est de cette époque que date le premier traité décrivant la fabrication des orgues. Il provient de l’abbaye de Saint-Benoît sur Loire et peut être attribué à l’un des disciples de Gerbert d’Aurillac. Mais c’est un autre type de tuyauterie, conique et non cylindrique, qui est décrite un siècle plus tard par Théophile, un moine orfèvre germanique, dans son traité De diversibus artibus. On peut considérer cet ouvrage comme la somme technologique de la fin du XIe siècle. L’auteur y décrit minutieusement la fabrication de tous les objets nécessaires à la célébration de la liturgie (cloches, vitraux, mélanges végétaux pour les peintures, or, pièces d’orfèvreries, etc.) et description précise de la construction des orgues qu’il y donne permet une approche expérimentale de ce genre de facture.

L’alimentation en air est fournie par des soufflets de forge, pour lesquels la pression de l’air n’est pas assurée par un contrepoids, comme c’est le cas pour les orgues plus récents, mais par le souffleur qui, en pesant avec plus ou moins d’énergie, module la pression de l’air nécessaire à l’alimentation des tuyaux.
Théophile décrit, non pas un clavier digital mais un clavier à tirettes qu’il faut tirer pour faire parler les tuyaux et repousser pour arrêter le son. Ce système semble avoir été en usage jusqu’au XIVe siècle.

Cet instrument permet de situer l’évolution de l’orgue à partir des anciens témoignages médiévaux qui nous soit parvenus sur sa technique de construction.

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