«La dramaturgie en danse contemporaine : pratiques, circulations et compositions»

Période

Du 12 au 31 juillet 2027

Présentation

Sous la direction pédagogique du chorégraphe Fabrice Lambert et de la dramaturge Anne-Laure Sahy, le Labo chorégraphique est une formation continue conçue comme un espace de recherche et d’expérimentation. D’une durée de trois semaines, ce laboratoire s’adresse à douze chorégraphes, auteurices-interprètes, performers et dramaturges désireux·ses de questionner, enrichir et renouveler leur parcours artistique en dehors des cadres habituels de la formation et de la production.

Cette édition s’adresse aux artistes curieux·ses et engagé·es, souhaitant explorer la thématique 2027 :

« La dramaturgie en danse contemporaine : pratiques, circulations et compositions »

La scène chorégraphique contemporaine est en constante évolution. Elle accueille une nouvelle génération d’artistes attentive au respect des singularités et soucieuse d’accorder davantage de temps à la réflexion sur les pratiques : ce que l’on fait, pourquoi on le fait et comment on le fait. La crise sanitaire a par ailleurs engendré un engorgement des programmations tout en favorisant une remise en question des logiques de production comme unique horizon économique. Dans ce contexte, il apparaît essentiel de consacrer du temps et des espaces à la recherche, à l’expérimentation et au partage des savoirs.

Art de la composition, pratique de liaison, expérience, méthode d’accompagnement et mode d’organisation collective, la dramaturgie se distingue par sa capacité à circuler entre différents champs d’action. En danse et en performance notamment, la mobilisation explicite de cadres théoriques, de références ou de systèmes de pensée ne constitue pas toujours une priorité. Pourtant, toute transformation suppose une articulation entre intuition et réflexion, entre expérience sensible et regard critique. La dramaturgie participe précisément de cette mise en relation en permettant de situer les pratiques et d’interroger les matières travaillées.

Par son mouvement de circulation, elle offre la distance nécessaire à une appréhension globale des actions qui composent le geste artistique. Elle permet d’articuler le mouvement, l’espace et le temps, mais aussi la lumière, le son, les corps, les textes ou les dispositifs scéniques, sans hiérarchiser ces différents éléments. Au sein d’une communauté de travail temporaire réunie autour d’une intention artistique, la dramaturgie favorise la communication et la compréhension mutuelle. Elle crée les conditions d’un dialogue entre les personnes, leurs pratiques respectives, le processus de création et le monde dans lequel celui-ci s’inscrit.

Dans l’espace francophone, les pratiques dramaturgiques demeurent relativement peu développées et peu outillées. Pourtant, les arts vivants contemporains mobilisent des matériaux de plus en plus hybrides, mêlant disciplines, médiums et savoir-faire sans se rattacher exclusivement à l’un d’entre eux. La dramaturgie contribue à organiser ces multiples composantes tout en explorant les espaces de relation qui les traversent. Elle agit comme un liant, composant avec les idées, les gestes et les interactions sans se limiter à leur simple addition.

Alors que la dramaturgie classique ou moderne confère traditionnellement au/à la dramaturge une position d’expertise fondée sur l’interprétation du texte, sa cohérence et son intelligibilité, les dramaturgies contemporaines reposent davantage sur des logiques de circulation, de relation et d’enchevêtrement. En danse notamment, elles se déploient comme des pratiques situées, expérimentales, collectives et somatiques.

La diversité de leurs formes découle des espaces, des temporalités, des matières et des corps qui les produisent. La dramaturgie dite « ouverte » se construit dans des contextes spécifiques et se transforme continuellement au contact de ceux-ci. Elle ne constitue pas une méthode fixe, mais un ensemble de pratiques adaptables aux réalités de chaque processus de création.

Il existe de nombreuses façons de définir la dramaturgie comme « art de la composition ». La présente approche retient avant tout sa capacité à circuler entre les différents éléments du processus créatif — gestes, pratiques, personnes, contextes — et à porter attention à ce qui se joue dans leurs relations.

Dès les premières étapes d’un projet, une pratique collective de la dramaturgie favorise la clarification des intentions artistiques, des responsabilités et des modalités de collaboration. Elle contribue à l’élaboration d’un langage commun et d’un cadre partagé. La dramaturgie peut alors devenir une expérience, une forme d’accompagnement artistique ou encore un modèle d’organisation collective inspiré de principes de gouvernance distribuée. Chacun est invité à contribuer, apprendre et transmettre dans un cadre clair, selon ses compétences, ses désirs et son degré d’engagement.

Encadrement

Fabrice Lambert directeur pédagogique et chorégraphe
Anne-Laure Sahy directrice pédagogique et dramaturge
Doriane Trouboul référente pédagogique et administrative

Intervenants
Guy Cools dramaturge (sous réserve)
Ivanna Muller chorégraphe
Elise Simonet dramaturge et collaboratrice artistique
Maya Masse danseuse et chorégraphe
Julien « Wrestler » Adjovi danseur, performeur et chorégraphe
Dorothée Munyaneza chorégraphe et chanteuse
Mathilde Monnier chorégraphe (sous réserve)

Figure de pionnier dans la mise en scène de l’emprise grandissante de l’homme sur les éléments naturels, de l’anthropocène, le travail de Fabrice Lambert se distingue par son incontestable conscience écologique. Il s’intéresse au destin de l’espèce humaine, à travers une exploration de sa place dans le cosmos et de sa place sur la terre.

Plasticien du mouvement, il conceptualise l’espace des corps. Grâce à sa relation emblématique avec la lumière, il trace la prolongation des gestes dansés en travaillant sur la notion de corps paysage donnant vie à l’équation fondamentale entre nature et humanité.

Écrivain de la danse, il pose dans le temps une partition chorégraphique fine, précise et ciselée qui laisse la force de l’énergie se déployer. Il veut réunir le quotidien et l’extraordinaire, le naturel et le mécanique, l’intime et le collectif. Aujourd’hui que nos esprits sont soucieux de nos avenirs, son travail nous donne espoir et nous nourrit.

Après une formation au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers, Fabrice Lambert est interprète au sein du collectif Kubilai Khan Investigations, de la compagnie Carolyn Carlson, et avec Catherine Diverrès, au Centre Chorégraphique National de Rennes pendant plusieurs années, puis avec François Verret, Emmanuelle Huynh et Rachid Ouramdane.

Depuis 2000, il structure et assure la direction artistique de L’Expérience Harmaat, au sein de laquelle il poursuit son travail de recherche et de création. Celle-ci se définit comme un lieu de croisements, qui rassemble autour des projets du chorégraphe, des créateurices de différentes disciplines. Leur point commun est de questionner, chacun dans son champ, les notions de phénomène et de mouvement.

Artistes plasticiens, vidéastes, ingénieurs et danseurs, participent ainsi à la création de nombreuses pièces : No body, never mind et TOPO (2001) sont deux volets d’une recherche sur la perception du corps et son détournement par l’image. Suivent sept créations aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis : Le rêve (2002) permet de capter l’essence de ce questionnement par la confrontation d’un film et d’un solo sous forme de dialogue utilisant une même matière : le corps de l’interprète. Play Mobile (2003) explore les frontières de ce même corps dans un dispositif sonore enveloppant, espace clos qui le confronte à ses limites. Imposture (2004) est une pièce pour deux interprètes et un vidéaste reprenant une idée de Paul Virilio sur l’accident intégral. Suivent Fréderic Lambert (2004 –commande SACD / Le Sujet à Vif), Abécédaire (2005), meutes (2006), Gravité (2007), D’Eux (2008), Virga (2009 – commande SACD / Le Vif du Sujet), Solaire (2010), Rites of Memory (2011 commande de Ahn Aesoon Dance/Corée) et Faux Mouvement (2012). La création qui suit, Nervures, est une collaboration avec l’artiste visuel Xavier Veilhan et est créée en novembre 2013 au Centre national de la danse, puis reprise en janvier 2014 au Théâtre de la Ville – Paris, qui accueille régulièrement ses créations depuis 2012.

Jamais assez, pièce pour 10 danseureuses, est créée en juillet 2015 au Festival d’Avignon, puis présentée notamment au Centre Pompidou – Paris, et au Festival TransAmériques – Montréal. Aujourd’hui, Sauvage, pièce pour 7 danseureuses et 1 musicien, est créée en septembre 2018, à la Biennale de la danse de Lyon, puis présentée notamment au Centre Pompidou – Paris. Seconde Nature, quatuor en collaboration avec Jacques Perconte est créé en 2020 au Théâtre de la Ville – Paris. Ensuite vient Epurrs, pièce Krump créée pour Cyborg et Wolf en 2021 qui est diffusée largement en France et à l’étranger avant de laisser place en 2025/26 à un diptyque sur les courants océaniques : Renverse (pièce pour 8 danseureuses) à la Biennale du Val de Marne et La vitesse de l’eau (trio féminin) à Avignon/CDCN Les Hivernales.

Fabrice Lambert a été artiste en résidence au Centre National de la Danse, à Pantin de 2012 à 2015. Il a été depuis artiste associé à la Comédie de Clermont-Ferrand, scène nationale, de 2016 à 2018, à la Maison de la Musique de Nanterre, scène conventionnée, de 2018 jusqu’en 2022, au Centre des Bords de Marne du Perreux-sur-Marne, de 2020 à fin 2023. Il devient artiste associé au Centre des arts d’Enghien-les-Bains, scène conventionnée d’intérêt national « art et création » en septembre 2023 pour 3 saisons. Il est à partir de 2026 le premier artiste associé en danse de la Fondation Royaumont pour une durée de trois années.

Anne-Laure Sahy pratique la facilitation et les dramaturgies nouvelles. En 2006, elle a fondé Prélude, pôle de coordination d’actions culturelles en prison, pour lequel elle a pensé, produit et diffusé une dizaine de projets voyant collaborer artistes et personnes détenues. De 2007 à 2013, elle a été coresponsable du Théâtre 2.21 à Lausanne. Elle a ensuite accompagné la dramaturgie de chorégraphes, performereusesx, metteureusesx en scène, artistes visuels et réalisatrice de films documentaires. En parallèle, elle a travaillé comme productrice, rédactrice et traductrice dans différents champs artistiques.

Depuis 2021, elle est responsable de l’AVDC – association vaudoise de danse contemporaine. Dans ce contexte, elle a initié divers projets destinés aux professionnel·lesx dont le réseau de partage de pratiques ddd – dramaturgie danse dialogue et édité le livre collectif Incorporer, Dramaturgies en danse contemporaine. En 2022, elle s’est formée en Facilitation de dynamique collaborative.

Dans son travail auprès de diverses compagnies et théâtres, elle propose des processus de dramaturgie contemporaine située, collaborative, itérative, expérimentale et incorporée. Elle propose régulièrement des formation et ateliers consacrés aux dramaturgies nouvelles, aux feedbacks contributifs et à l’organisation collective. Elle se forme actuellement à l’enseignement du Qi Gong.

Guy Cools est dramaturge pour la danse. De 1990 à 2002, il a été responsable de la programmation danse au Centre d’Art Vooruit à Gand et a programmé pour plusieurs festivals, conférences et laboratoires de recherches à l’international. En tant que dramaturge de danse, il a travaillé, entre autres, avec Jean Abreu (UK), Koen Augustijnen (BE), Sidi Larbi Cherkaoui (BE), Danièle Desnoyers (CA), Alexander Gottfarb (AT), Lia Haraki (CY), Akram Khan (UK), Joshua Monten (CH), Arno Schuitemaker (NL) et Stephanie Thiersch (DE).

Avec la chorégraphe canadienne Lin Snelling, il a développé une pratique de performance improvisée s’intitulant Rewriting Distance sur l’intégration du mouvement, de la voix et de l’écriture. Guy Cools est reconnu pour son travail de mentor en chorégraphie et dramaturgie. De 2013 à 2015, il a accompagné le projet Danse et Dramaturgie en Suisse. Puis, de 2018 à 2020, il était mentor au Collège de Danse de la Biennale de Venise et de 2019 à 2022, et également mentor dans le cadre de la formation Atlas du Festival ImpulsTanz à Vienne.

Il a enseigné dans divers établissements d’enseignement supérieur et écoles d’art en Europe et au Canada. Depuis décembre 2022, il est professeur dans le département de danse à l’UQAM à Montréal. Parmi ses publications les plus récentes sont In-between Dance Cultures: on the migratory artistic identity of Sidi Larbi Cherkaoui and Akram Khan (2015), Imaginative Bodies, dialogues in performance practices (2016) et Performing Mourning. Laments in Contemporary Art (2021).

À travers ses créations chorégraphiques et théâtrales, ainsi que ses performances, installations, textes et vidéos, Ivana Müller explore les poétiques du langage, interroge les notions de corps, de mouvement et de voix ainsi que leurs modes de représentation, revisite la place de l’imagination et de l’imaginaire, et questionne l’idée même de participation.

Dans une démarche expérimentale, radicale et formellement innovante, elle développe souvent des formes de chorégraphie sociale, mettant en scène des communautés ou des groupes qui réfléchissent à leur relation avec les environnements et les territoires qu’ils habitent. La notion de collectif et de collaboration occupe également une place centrale dans sa pratique artistique. Elle travaille régulièrement avec des artistes, théoricien·nes, écrivain·es, jardinier·ères et autres praticien·nes, en intégrant le dialogue, la conversation et différentes formes d’écriture collective au processus de création.

La relation à la voix et au langage constitue un autre axe fondamental de son travail. En prenant les aspects formels du langage, sa syntaxe et ses règles comme principes chorégraphiques, elle a développé plusieurs œuvres qui interrogent la notion de convention et les différentes manières de l’incarner.

Bien qu’elle crée dans une diversité de médiums, le théâtre demeure le cadre principal dans lequel elle développe et présente son travail. Au cours des vingt-cinq dernières années, elle a créé une trentaine d’œuvres, qui ont été produites et présentées dans de nombreux festivals et théâtres en Europe, aux États-Unis, au Brésil et en Asie. Son travail est également montré dans le contexte des arts visuels, notamment à la Biennale de Venise 2015 (Exposition internationale, Pavillon central.

Dans le cadre de sa pratique, Ivana Müller organise également des rencontres artistiques et discursives ainsi que des dispositifs collaboratifs. Elle enseigne régulièrement, notamment au Piet Zwart Institute de Rotterdam, à l’Institute for Applied Theatre Studies de Giessen, à l’Université Paris 8, à la Zürcher Hochschule der Künste (ZHdK), à SODA–HZT Berlin, à P.A.R.T.S. à Bruxelles, à Exerce / ICI–CCN Montpellier ou encore à DAS Theatre à Amsterdam.

Ivana Müller est née à Zagreb et a grandi entre la Croatie et Amsterdam. Elle vit à Paris et développe son travail à l’international.

Élise Simonet vit à Paris et travaille aux côtés de nombreux·ses artistes dans le domaine du spectacle vivant, comme dramaturge et collaboratrice artistique (Thibaud Croisy, Anne-Sophie Turion, Halory Goerger, Emilie Rousset, Dominique Gilliot et Valérie Mréjen, legroupe Aquaserge, Anouck Hilbey, Antoine Cegarra, Maya Boquet, Marie Losier, Simon Feltz). Membre du groupe de l’Encyclopédie de la parole depuis 2013, elle y développe sa recherche sur l’oralité. Elle est la collaboratrice artistique de Joris Lacoste sur le cycle des Suites Chorales et co-signe les versions multiples et internationales de Jukebox (Gennevilliers, Saint-Pétersbourg, Rome, Conakry, Genève, Ouagadougou, Thessalonique).

Elle co-programme les éditions 2015 et 2016 du festival TJCC, avec Joris Lacoste, au T2G (Gennevilliers). Depuis 2017, elle mène Converser, un projet de conversations avec des polyglottes, associées à un jeu de cartes dessinées ; elle y questionne les langues, dans leur usage intime et public (Bruxelles, Fribourg, Strasbourg). En tant que dramaturge, elle a été invitée aux Cliniques Dramaturgiques par Jessie Mill au FTA (Montréal), à 1:1 par Sarah Israel au PAF (Berlin), a co-organisé les Cliniques Dramaturgiques du Festival Short Theater (Rome) avec Riccardo Fazi et Jessie Mill. Depuis 2021, elle élargit ses activités à la transmission : elle mène un séminaire de dramaturgie à La Bellone (Bruxelles), et intervient auprès des étudiant·es du Master scénographie de La Cambre (Bruxelles).

Maya Masse, aka « Babygirl Wrestler », « aka Feelingz », est danseuse et chorégraphe contemporaine, krumpeuse et fasciathérapeute. Elle étudie la danse au CNSMD de Lyon en 2011 et la fasciathérapie à Body Mind Academy dont elle obtient en 2024 un diplôme de pédagogie perceptive et libération des fascias. Elle participe en tant qu’interprète aux créations d’Akram Khan, Raphaelle Boitel, Karim Bel Kacem & Maud Blandel, Liz Santoro & Pierre Godard, Emilie Pitoiset, Cindy Van Acker, Christian Rizzo, Maud Blandel et Gisèle Vienne. Elle commence le krump en 2021 et rencontre Wrestler qui sera son mentor : elle devient Babygirl Wrestler. Bullet time est sa première pièce, cosignée avec Wrestler, Louis Schild, Caty Olive, et la première création du projet krasse, projet de recherche et création où se rencontrent le krump, les pratiques de Body-Mind Centering® et de fascia thérapie et les mouvements de pensées et d’actions féministes décoloniaux révolutionnaires. Pour imaginer ensemble, depuis nos corps, un futur différent, meilleur. Elle collabore à nouveau avec Wrestler pour leur prochaine création chorégraphique 100% krump: Hype Is Murda, HIM.

Julien « Wrestler » Adjovi est une figure incontournable du krump français. Activiste dans sa discipline depuis plus de 17 ans , il débute en 2009, après avoir vu le film Steppin’ et son talent lui permet de très vite évoluer et lancer sa carrière. De là, les projets et les opportunités s’enchaînent. En 2017, il crée sa propre structure et organise son propre événement éponyme « Krumpfest », une rencontre et structure dédiées à la promotion de la culture krump et son développement artistique et chorégraphique, pour ouvrir cette discipline à un plus large public et la connecter avec d’autres pratiques artistiques.

Depuis, Wrestler continue d’explorer et de conquérir le public aux travers des stages, performances et événements qu’il organise et où il excelle comme artiste, mais aussi au micro en tant que maître de cérémonie. Son style se démarque par l’alternance habile entre fluidité et puissance, qui donne une versatilité imprévisible à son krump qui l’appelle « Heavy fluidity ». Le nom de « Wrestler » qui signifie catcheur ou lutteur en français, inspiré par la diffusion grandissante de la discipline aux Etats-Unis. Il tire aussi ce nom de la notion que la vie est une lutte constante pour garder la tête haute, réussir, rester heureux et reconnaissant, et donc de « lutter ».

Originaire du Rwanda, Dorothée s’installe à l’été 1994, à l’âge de 12 ans, avec sa famille en Angleterre. Elle étudie la musique à la Jonas Foundation (Londres) et les sciences sociales à Canterbury, avant de s’établir en France. En 2006, elle rencontre François Verret, ils collaborent sur Sans retour, Ice, Cabaret et Do you remember, no I don’t. Elle travaille ensuite avec Alain Buffard, Alain Mahé, Stéphanie Coudert, Ko Murobushi, Rachid Ouramdane, Maud Le Pladec, Jean-François Pauvros, Radouan Mriziga, Maya Mihindou et Ben LaMar Gay.

En 2013, elle fonde à Marseille sa compagnie, Kadidi. Naissent Samedi Détente (création novembre 2014 au Théâtre de Nîmes), Unwanted (création juillet 2017 au festival d’Avignon), Mailles (création octobre 2020 à Charleroi Danse), Toi, moi, Tituba… (2023), umuko (2024), et Version(s) (2025), ainsi qu’une série de performances in-situ. 

En 2020, Dorothée Munyaneza traduit de l’anglais Hopelessly Devoted de Kae Tempest (auparavant Kate Tempest), paru sous le titre Inconditionnelles chez L’Arche Éditeur, qu’elle a mis en scène à l’automne 2024 aux et avec les Bouffes du Nord. Avec la musique, le chant, la danse, le texte, Dorothée Munyaneza part du réel pour saisir la mémoire et le corps, porter les voix de celles et ceux qu’on tait, pour faire entendre les silences et révéler les cicatrices de l’histoire. 

Artiste associée au Théâtre la Ville – Paris de 2018 à 2021, Dorothée est aujourd’hui associée au Théâtre National de Chaillot et à la Maison de la Danse et de la Biennale de la danse de Lyon, et a été en résidence à la Fondation Camargo de 2022 à 2024.

En 2024, elle reçoit le Salavisa European Dance Awards à la Fondation Gulbenkian à Lisbonne.

Après une expérience d’interprète, Mathilde Monnier s’intéresse tôt à la chorégraphie.
Dés 1994, elle prend pour 20 ans la suite de Dominique Bagouet à la tête du centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc Roussillon  :
Créations au CCN de Montpellier  :  elle crée plus de 40 spectacles, les spectacles tels que Pour Antigone, Déroutes, Les lieux de là, Surrogate Cities, Soapera, Publique, La place du singe, 2008 Vallée, Tempo 76, Gustavia, …sont joués sur les plus  grandes scènes et festivals internationaux. Elle joue sur la déconstruction des écritures chorégraphiques et ouvre son travail à de nombreuses collaborations interdisciplinaires (musique, cinéma, arts plastiques, littérature .. )
Lors de cette direction au CCN à Montpellier de 1994 à 2013, elle ouvre les portes du CCN et crée les premières invitations et résidences d’artistes, le master en chorégraphie Exerce et met en place de grands évènements publics et gratuits.
De Janvier 2014 à juin 2019, elle prend  la tête du CN D Centre National de la Danse à Pantin seul établissement public pour la danse, elle y crée des évènements incontournables : Camping, Occupation artistique (Canal), édition spéciale, le studio santé.
En septembre 2020, elle est associée à la Halle tropisme à Montpellier et poursuit son travail de chorégraphe en indépendant. Elle crée Records (2021), Black Lights (2023) (prix du meilleur spectacle de l’année 2024) et Silence (2026) avec Lucie Antunes.
Prix et récompenses :
Prix ministre de la culture au Concours de Bagnolet en 83 | Grand Prix SACD en 2002 | Décorée Chevalier de la Légion d’Honneur en 2013, et Officier en 2025 | Ordre du Mérite en 2019 | Prix de la critique du meilleur spectacle pour Black lights pour l’année 2024

Modalités

Public visé

Chorégraphes, dramaturges, auteurices-interprètes, performers ou artistes issu·es du champ de la performance, toutes générations confondues, ayant déjà une expérience professionnelle (au moins une création). Cette formation s’adresse aux artistes souhaitant approfondir les enjeux dramaturgiques de leurs pratiques et expérimenter de nouvelles modalités de composition, de collaboration et d’accompagnement de la création.

Pré-requis et condition d’accès à la formation

Être chorégraphe, dramaturge ou artiste issu·e du champ de la performance, toutes générations confondues, ayant déjà une expérience professionnelle (au moins une création).
Les participants s’engagent formellement à suivre l’intégralité du cursus.

Conditions d’accueil

Pendant la résidence à Royaumont, les lauréates et lauréats bénéficient :
• d’un hébergement à l’abbaye de Royaumont en chambre individuelle avec salle d’eau privative ;
• de repas préparés et servis par l’équipe de restauration de l’abbaye ;
• de navettes groupées entre la gare de Viarmes et l’abbaye à l’arrivée le 16 août 2027 et au départ le 29 août 2027.

Durée

du 12 au 31 juillet 2027
3 semaines soit 18 jours soit 126 heures

Tarifs

400€ TTC de frais d’inscriptions, 2400€ TTC de frais de formation
voir les conditions tarifaires

Candidature

Sélection sur dossier par l’équipe pédagogique :

  • Une lettre de motivation par formation choisie (max 2 pages)
  • Biographie longue et courte
  • CV
  • Un ou plusieurs fichiers vidéo par formation choisie (⚠ les liens WeTransfer ne seront pas téléchargés)
  • Une photo (max : 100Mo)
  • Un dossier sur vos dernières créations, accompagné des liens vidéo et site internet (max :100Mo)

Calendrier

  • Date de clôture des candidatures : 15 novembre 2026 à minuit
  • Sélection sur dossier par l’équipe pédagogique entre le 16 novembre et le 13 décembre 2026.
  • Résultat entre le 11 et le 29 janvier 2027

Tous les programmes de formation de la Fondation Royaumont ont un délai d’accès à minima de 11 jours ouvrés.
Exemple : si la Fondation Royaumont valide la demande d’inscription le 14 juin, elle peut proposer au bénéficiaire une formation qui commence le 29 juin.

Paroles d’artistes :

« Riche et joyeuse, une véritable rencontre avec des chorégraphes. J’ai eu la sensation d’intégrer une équipe artistique ayant des préoccupations communes, avec des esthétiques pourtant différentes ! »

« Unique ! »

« Immersive »

« Un bonheur d’une grande richesse existentielle et artistique »

Fiche programme

Version n°1 du 03/09/2026
Durée de validité de la version n°1 : 1 an renouvelable

Déroulé/contenu de la formation

Semaine 1 Cartographies et histoires des pratiques dramaturgiques
 
Fabrice Lambert : référent pédagogique et chorégraphe
Anne-Laure Sahy : référente pédagogique et dramaturge
Doriane Trouboul : référente pédagogique, animation
Elise Simonet : workshop « La conversation comme pratique dramaturgique »
Ivana Muller :  dramaturgie du mouvement, corps et objets
Cette semaine est animée par la référente pédagogique et les intervenants de la semaine 1, sous forme d’accompagnement collectif. Nous proposerons de :
 
> Participer à des ateliers pour expérimenter et éprouver.
> Assister à des lectures-communications pour apprendre.
> Prendre part à des tables rondes pour échanger et confronter nos points de vue.
> Contribuer à la mise en œuvre de performances situées.
Semaine 2Dramaturgie, composition et processus de création
 
Fabrice Lambert : référent pédagogique et chorégraphe
Anne-Laure Sahy : référente pédagogique et dramaturge
Doriane Trouboul : référente pédagogique, animation
Maya Masse et Julien « Wresler » Adjovin : Workshop « Krump x Body Mind Centering »
Dorothée Munyaneza : texte, voix et politiques
Cette semaine est animée par la référente pédagogique et les intervenants de la semaine 2, sous forme d’accompagnement collectif. Nous proposerons de :
 
> Participer à des ateliers pour expérimenter et éprouver.
> Assister à des lectures-communications pour apprendre.
> Prendre part à des tables rondes pour échanger et confronter nos points de vue.
> Contribuer à la mise en œuvre de performances situées.
Semaine 3 Dramaturgie comme pratique relationnelle et organisation collective
 
Fabrice Lambert : référent pédagogique et chorégraphe
Anne-Laure Sahy : référente pédagogique et dramaturge
Doriane Trouboul : référente pédagogique, animation
Guy Cools : « La dramaturgie ouverte : changement de paradigme »  
Chorégraphe (à confirmer)
Cette semaine est animée par la référente pédagogique et les intervenants de la semaine 3, sous forme d’accompagnement collectif. Nous proposerons de :
 
> Participer à des ateliers pour expérimenter et éprouver.
> Assister à des lectures-communications pour apprendre.
> Prendre part à des tables rondes pour échanger et confronter nos points de vue.
> Contribuer à la mise en œuvre de performances situées.
Ce planning type peut être adapté en fonction des besoins de la formation et des intervenants.

Effectif plancher/plafond

Effectif plancher : 10 chorégraphes, ou artistes  issu·s du champ de la performance
Effectif plafond : 12 chorégraphes, ou artistes  issu·es du champ de la performance

Objectifs pédagogiques

Connaissances

  • Comprendre l’histoire et les évolutions des pratiques dramaturgiques dans les arts chorégraphiques contemporains.
  • Identifier les différentes fonctions de la dramaturgie dans les processus de création.
  • Appréhender les notions de composition, de relation, de circulation et d’organisation collective propres aux dramaturgies contemporaines.

Savoir-faire

  • Mobiliser des outils dramaturgiques dans le développement d’un projet chorégraphique.
  • Analyser les relations entre gestes, matières, espaces, temporalités et contextes.
  • Élaborer des modalités de collaboration favorisant l’intelligence collective et la circulation des savoirs.
  • Développer un regard critique sur sa propre pratique artistique.

Savoir-être

  • Cultiver l’écoute, l’observation et la capacité de dialogue au sein d’un processus de création.
  • Développer une posture réflexive vis-à-vis de ses choix artistiques.
  • Participer à une dynamique collective de recherche et de transmission.

Compétences visées / objectifs opérationnels

A l’issue de la formation le bénéficiaire sera capable de :

  • Mobiliser des outils dramaturgiques pour accompagner un processus de création.
  • Questionner et expliciter les enjeux artistiques d’un projet chorégraphique.
  • Construire des modalités de collaboration adaptées aux contextes de création.
  • Articuler intuition, expérience sensible et réflexion critique.
  • Développer une pratique de composition attentive aux relations entre les différents éléments d’une œuvre.
  • Identifier la place et les fonctions de la dramaturgie dans son propre travail artistique.

Méthodes mobilisées

  • Ateliers d’analyse dramaturgique de projets et de processus de création.
  • Études de cas à partir d’œuvres chorégraphiques contemporaines.
  • Expérimentations collectives autour des pratiques de composition et d’accompagnement dramaturgique.
  • Entretiens, lectures et discussions critiques autour des pratiques artistiques des participants.
  • Evaluations des acquis de la formation d’un point de vue artistique, pédagogique, humain et matériel.

Modalités de suivi et d’évaluation

Pendant la formation en présentiel

  • Évaluation par le travail pratique du bénéficiaire, de sa réactivité et son aptitude à intégrer les propositions faites par l’intervenant.
  • Retour d’expérience à la suite des présentation publiques/performances

Les bénéficiaires signent une feuille d’émargement par demi-journée.

En fin de formation

Une attestation de fin de stage mentionnant les objectifs, la nature et la durée de l’action et les résultats de l’évaluation des acquis de la formation est remise au stagiaire ainsi que le certificat le cas échéant.

Les spectacles hors cadre de la formation permettent de suivre l’évolution de la carrière de l’artiste et de son ensemble en aval des formations, et notamment d’évaluer la qualité de l’interprétation ainsi que le nombre de spectacles donnés.

Modalités d’évaluation qualitative

Le stagiaire remplit une fiche d’évaluation qualitative afin d’évaluer les acquis de la formation d’un point de vue artistique, pédagogique, humain et matériel.
Un suivi post-formation est établi, pour lequel les stagiaires sont priés d’informer durant les six mois suivants la fin de la formation des contrats qu’ils auront obtenus. 

Accessibilité et prise en compte des situations de handicap

La Fondation Royaumont fait de l’accueil et de la participation des personnes en situation de handicap un engagement fort de son projet. Nos formations sont ouvertes aux personnes en situation de handicap et différents aménagements peuvent être envisagés en fonction des spécificités de chaque formation. Afin d’échanger sur vos besoins, contactez-nous au moment de votre inscription ou veuillez-contacter les référents handicaps.


Contacts

Référent pédagogique et administrative

Doriane Trouboul administratrice et conseillère artistique du Pôle Création chorégraphique
d.trouboul@royaumont.com

Référents handicap

Samuel Agard et Doriane Trouboul
referenthandicap@royaumont.com

Référent VHSS

vhss@royaumont.com