Royaumont, l’abbaye aux 1 001 vies
[Le Figaro]

An exceptional, enduring site

A reflecting canal and a tree-lined avenue mark the entrance to Royaumont Abbey, a monument of timeless beauty nestled in a tranquil setting. Royaumont has led several lives, first as a Cistercian monastery, then successively as a royal abbey, a cotton mill, a novitiate, a military hospital, and a country home. It has never been left unoccupied.

Founded in 1228 by the young Louis IX (later Saint Louis) and his mother Blanche de Castille, the royal abbey, governed by the Cistercian order, achieved great renown in the 13th century. Thereafter it was gradually weakened by war and famine during the Middle Ages and declined further following the granting of a benefice in the 16th century.

By the time it was declared “national property” in 1790 during the French revolution, only 10 monks remained.

The abbey was sold in 1791 and converted into a modern textile mill. The church was destroyed and its stones used to build worker’s quarters. Around 1830, in addition to its industrial activity, Royaumont became a popular excursion destination for the Paris aristocracy and upper bourgeoisie. Following several conversions, the mill was closed in 1860.

The abbey then reverted to its initial purpose, serving as a novitiate for the Sisters of the Holy Family of Bordeaux religious order, which undertook to restore it in neogothic style. In 1905, the Combes laws (separation of church and state) forced the novitiate to leave and Jules Goüin, Chairman of the Société de Construction des Batignolles, bought the former convent to use as a country home.

From the 13th century onwards, Royaumont was a center of intellectual life and art. The Dominican friar Vincent de Beauvais, author of the Speculum Maius, the great medieval encyclopedia, was a lector there between 1246 and 1260. In 1635, Louis XIII presented a ballet that he had composed, La Merlaison, at Royaumont two days after it was first performed at the Château of Chantilly. Between 1835 and 1840, the Royaumont theater hosted musical evenings for enlightened amateurs and famous professional musicians.

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A royal foundation, a gothic masterpiece

Royaumont received landmark status in 1927 and is the largest Cistercian abbey in the Ile-de-France region. It provides an exceptional picture of monastic life and gothic architecture.

The buildings are arranged around a cloister of outstanding dimensions. The chapter room, accessed from the passageway connecting the cloister and the park, today houses the Henry and Isabel Goüin library.

The monks’ refectory is one of the few remaining double-nave refectories in France. Its lofty structure, slender columns and large stained-glass windows are a reminder that meals had a liturgical function for Cistercian monks, who set great store by the symbolic purpose of their architecture.

From the 19th century onwards, the refectory was used successively as a workshop, a drying room, a chapel and finally, following the installation of the large Cavaillé-Coll organ, as a concert hall.

The lay brothers’ refectory, one of the abbey’s most spacious rooms, is a six-bay room with ribbed arches. Having successively served as a ballroom, a theater, a canteen, a dormitory, and a storeroom, it is now open to visitors, as are the former monks’ kitchens.

The latrine building, with a canal running its entire length, is one of the last buildings of this type still extant in Europe and bears witness to the Cistercians’ hydraulic engineering skills and attention to hygiene during the Middle Ages. Today, the ground floor is used as a sitting room for residents, a café-tearoom for visitors and a reception room. On the upper floor, spaces have been developed for concerts, rehearsals and corporate events. They round out the residential facilities in the monks’ building, the abbey’s largest with a length of 65 meters and a width of 23 meters.

All that remains of the church, destroyed during the Revolution, is the romantic ruins of columns and capitals north of the abbey. A digital reconstruction of the church building shows its exceptional footprint within the abbey.

The sacristy with its pointed barrel vault opens onto the South transept of the former abbey church and onto the cloister.

L’abbaye de Royaumont, d’hier à aujourd’hui

1228 : pour répondre à un vœu de son père, Louis VIII, le jeune roi Louis IX fonde une nouvelle abbaye, qu’il confie à une communauté de moines cisterciens. L’édification s’achève en 1235 avec la dédicace de l’église. La grande taille de l’église et l’importance des biens concédés révèlent l’ambition du jeune roi qui en fait l’un des plus grands établissements au nord de Paris après Saint Denis.

1246 : Vincent de Beauvais, moine dominicain connu pour sa rédaction du Speculum majus, est le premier intellectuel accueilli à l’abbaye, où il occupe la fonction de lector.
Dès le début du XIVe siècle, l’abbaye commence à souffrir d’un manque de moyens pour entretenir ses biens temporels.

1549 : l’abbaye est cédée en commende, jusqu’à la Révolution, à des personnalités proches du pouvoir royal, tels Mazarin, Richelieu et la famille de Lorraine (1651–1728), qui, pour lui donner un nouveau lustre, la restaurent à grands frais. Presque tous les abbés commendataires tendent à confondre biens privés et biens monastiques, abbaye et villégiature.

1635 : Richelieu réunit tous les abbés des établissements cisterciens pour leur imposer un retour au respect strict des règles de l’ordre et leur fait signer « Les articles de Royaumont ». Dans le même temps, le roi Louis XIII fait donner à Royaumont le Ballet de la Merlaison, dont il est l’auteur et le chorégraphe.

1783 : le dernier abbé commendataire, grande personnalité mondaine, Henri-Eléonore-François Le Cornut de Ballivières, organise des fêtes fastueuses et fait édifier le palais abbatial sur le modèle des villas italiennes, inachevé lors de sa fuite en 1789.

1790-1792 : l’abbaye est déclarée bien national. Livres, archives, objets de culte et mobilier sont transférés dans des dépôts ou vendus. Les bâtiments sont achetés par le marquis de Travanet qui fait détruire l’abbatiale et transforme les bâtiments conventuels en filature.

1792-1860 : Royaumont est l’une des plus importantes industries de la région. La famille van der Mersch, qui la possède et l’exploite de 1815 à 1860, attire en villégiature les artistes et la bourgeoisie parisienne.

1864-1905 : l’abbaye est rachetée par les Pères Oblats de Marie-Immaculée de Marseille, puis confiée en 1869 aux religieuses de la Sainte Famille de Bordeaux, qui s’attachent à redonner aux bâtiments leur usage et leur forme d’origine. Elles entreprennent, sous la conduite de l’architecte Louis Vernier, d’importantes restaurations sur les bâtiments conventuels, qui allient l’esprit néo-gothique et le respect de la simplicité cistercienne.

1905 : la loi Combes sur les congrégations oblige les religieuses de la Sainte Famille de Bordeaux à quitter l’abbaye. Elle est rachetée par un grand industriel, Jules Goüin, président de la Société de Construction des Batignolles, créée par son père Ernest Goüin en 1846. L’abbaye devient la résidence secondaire de la famille Goüin.

1915-1919 : l’abbaye accueille l’hôpital auxiliaire n°301, dirigé par une équipe de femmes médecins et infirmières écossaises, « the Scottish Women ».

1927 : l’abbaye est classée « monument historique ».

1931 : Henry Goüin, petit-fils de Jules Goüin, épouse Isabel Lang. Ensemble, ils s’engagent dans un programme de restauration et d’aménagement des bâtiments – bâtiment des convers, couverture du cloître, réparation des charpentes du bâtiment des latrines, installation d’un orgue Cavaillé-Coll dans l’ancien réfectoire et suppression de la tribune, première restauration des anciennes cuisines, réfection des toitures de l’hôtellerie et du bâtiment des moines, installation du chauffage central – et font de l’abbaye un lieu où vont se retrouver artistes et intellectuels.

1936 : le 27 juin, un premier concert public est donné dans l’ancien réfectoire, qui annonce les futures saisons musicales.

1938 : le Foyer de l’Abbaye de Royaumont, lieu de travail ou de repos destiné aux artistes et aux intellectuels, est créé. Son activité est interrompue pendant la guerre. Elle reprend en 1947 sous la direction de Gilbert Gadoffre et devient le Centre culturel international de Royaumont (CCIR).

1949 : la bibliothèque de Paul Desjardins (provenant de l’abbaye de Pontigny) est acquise par Henry Goüin.

1953 : Le CCIR devient le Cercle culturel de Royaumont, qui sera dissous en 1968.

De 1953 à 1964: restauration des anciennes cuisines, du bâtiment des latrines, interventions sur la tourelle, le cloître, l’ancien réfectoire et le bâtiment des moines…

1964 : Henry et Isabel Goüin créent la Fondation Royaumont (Goüin-Lang), pour le progrès des Sciences de l’Homme, déclarée d’utilité publique par décret du conseil d’état du 18 janvier 1964 et y apportent en dotation leur propriété de Royaumont ainsi qu’un capital.

1971 : le Centre de Royaumont pour une Science de l’Homme est créé. Il quittera la Fondation en 1973.

1972 : Royaumont participe en tant que membre fondateur à la création de l’Association des Centres Culturels de Rencontre.

1977 : Henry Goüin décède le 24 février. Le 5 avril, la Fondation signe avec le département du Val-d’Oise une convention et élabore à partir de 1978 un nouveau projet culturel.

De 1976 à 1980 : poursuite des travaux de restauration du cloître, de l’ancien réfectoire et du bâtiment des moines, réaménagement de la maison d’hôtes…

1984 : création du Centre de la Voix, d’un centre de recherches et d’interprétation des musiques médiévales, du Centre littéraire, d’un Centre d’arts plastiques et d’un programme de recherche ethnologiques.

1988 : Isabel Goüin décède le 28 octobre.

De 1983 à 1992 : restauration des vestiges de l’abbatiale, du bâtiment des convers, du cloître, des anciennes cuisines, rénovation des 40 chambres et des galeries nord et ouest du cloître, rénovation du bâtiment des latrines et construction d’une nouvelle porterie…

2000 : le projet culturel est redéfini. Il diversifie les programmes musicaux, s’ouvre à la danse contemporaine, associe la poésie à des rencontres avec d’autres disciplines, lie plus fortement patrimoine et création.

2004 : création d’un jardin d’inspiration médiévale, le jardin des 9 carrés, conçu par Olivier Damée et Edith Vallet.

2007 : acquisition de la Bibliothèque musicale François-Lang.

De 1992 à 2010 : restauration de l’ancien réfectoire des moines, réfection du carrelage des anciennes cuisines, restauration des balustrades et des terrasses du cloître, restauration et ouverture au public de la Bibliothèque musicale François-Lang, création de 6 nouvelles chambres, restauration du jardin du cloître, restauration du comble du bâtiment des convers et création d’une nouvelle salle de répétition.

2010 : le projet culturel est recentré autour de la musique et du patrimoine dans le cadre de deux pôles principaux : le Pôle des « Programmes artistiques », qui réunit le Programme Voix, le Programme des Claviers, le Programme Voix Nouvelles, le Programme Musique orales et improvisées, le Programme de recherche et composition chorégraphiques, l’Unité scénique, le Grand Atelier, la Bibliothèque François-Lang, les Archives et la Bibliothèque Henry & Isabel Goüin et le Pôle de « l’Action territoriale et des publics », chargé de la diffusion des activités mises en œuvre par les différents programmes artistiques.

2014 : ouverture le 28 juin du Potager-Jardin, conçu par Astrid Verspieren et Philippe Simonnet, restauration et aménagement de l’ancien réfectoire des frères convers et signature le 3 octobre d’un contrat d’objectifs quinquennal (2014-2018) avec l’État, la région d’Ile-de-France et le département du Val-d’Oise.

2015-2016 : la Fondation Royaumont engage de très importants travaux de restauration de son abbaye, de rénovation et d’extension de son équipement résidentiel.

2016 : adossement de la Médiathèque Musicale Mahler (Paris) à la Fondation Royaumont

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