Cuisines des moines


Situées dans l’aile méridionale, les cuisines présentent une architecture massive qui contraste avec l’élégance de l’ancien réfectoire des moines auquel elles sont accolées. On remarque notamment la présence des contreforts des voûtes du cloître, laissés apparents, peut-être en raison du caractère purement utilitaire de cette pièce.

Plusieurs fois remaniées au cours des XIXe et XXe siècles, elles ont perdu leur cheminée dont il ne reste aujourd’hui aucune trace. Il est probable qu’à l’époque médiévale elle ait été placée au centre de la pièce, ouverte sur les quatre côtés et pourvue d’une hotte maçonnée supportée par les colonnes.

Un guichet ouvert dans le mur mitoyen avec l’ancien réfectoire permettait aux moines de venir prendre leurs plats. Au Nord, une porte donnait accès à la fontaine d’eau potable, située dans le cloître, tandis qu’à l’Ouest une autre porte conduisait à la ruelle des frères convers, chargés de la préparation des repas. Un canal souterrain, relié à celui des latrines, permettait d’évacuer les eaux usées. La pièce était prolongée au Sud par une petite construction, la dépense du cellérier, aujourd’hui disparue mais dont on voit encore les traces sur la façade extérieure.

Sans doute entresolées lors de la période industrielle, les cuisines sont transformées en débarras puis en atelier d’impression sur étoffe. Le lieu est dit obscur et en désordre. En 1865, les voûtes sont réparées, les fenêtres agrandies ; un fourneau y est installé et la pièce est rétablie dans sa fonction d’origine. On y aménage également une laverie. Cet usage est conservé lors de la Grande guerre et c’est là que sont préparés les repas de centaines de blessés alors hébergés dans l’abbaye.

Après un important chantier de restauration, en 1937, qui visait notamment à effacer les remaniements opérés au cours du XIXe siècle, un chauffage surfacique et un nouveau pavement furent installés en 2002.

Les restaurations en vidéo 

 

Visite à 360 degrés


La Vierge allaitant l’Enfant

Vierge allaitant, fin du XIVe siècle, Île-de-France [ ?].
Pierre calcaire. H. 1,60 / L. : 0,55 / Ép. 0,42

Chef-d’œuvre de la sculpture gothique, la Vierge dite « de Royaumont », a fait l’objet au mois de juillet 2015 d’une soigneuse restauration : après un nettoyage délicat par micro-abrasion à faible pression, les éléments des restaurations précédentes (comblages, goujons métalliques…), devenus néfastes pour la bonne conservation de l’œuvre,
ont été retirés et remplacés par des matériaux neutres. Consolidée, harmonisée par une légère patine de ton ocre, elle est à nouveau visible dans les cuisines des moines de l’abbaye de Royaumont.

Si toutes les abbatiales cisterciennes sont dédiées à la Vierge, cette sculpture ne provient pas de Royaumont et son histoire reste inconnue… Les spécialistes de la statuaire médiévale l’attribuent à un atelier francilien et la rapprochent du groupe stylistique dit des « belles Madones ».

Le culte marial se développe dès début du Moyen Âge et atteint son âge d’or au XIIe siècle, faisant du groupe de la Vierge à l’enfant un thème privilégié dans la sculpture gothique. Celui des « Vierges allaitant » apparaît dans la première moitié du XIVe siècle. D’abord essentiellement symbolique, cette figure évolue dans les années 1400 vers une forme plus charnelle, témoignant d’une volonté de représentation naturaliste. Ce nouveau style se caractérise par des Vierges aux silhouettes souples et élancées, aux visages tendres et aristocratiques, aux têtes menues coiffées de couronnes évasées. Elles tiennent, le plus souvent, leur manteau d’une main, l’autre bras portant l’enfant nu près de leur sein.

A Royaumont, la Vierge a très naturellement calé son fils dans le creux de sa taille et l’entoure de son bras droit. Elle le retient de l’autre main par ses langes et le regarde avec douceur. Il semble téter avec avidité, le regard ancré dans celui de sa mère, une main agrippée au voile qui retombe sur son épaule droite et l’autre jouant, peut-être, avec son corsage. Le traitement des tissus, les plis soulignant le déhanchement de la vierge et les doigts de l’enfant triturant l’étoffe renforcent le caractère familier, intime et maternel, de cette représentation.

Une religieuse de l’Association de Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux raconte que cette sculpture a été trouvée à l’abbaye « toute détériorée, mutilée à un tel point qu’on l’avait reléguée dans un coin obscur. On dit qu’elle ornait autrefois l’église de Saint-Leu, mais le fait ne saurait être prouvé ; ce qui est certain c’est qu’elle n’appartenait point à l’abbaye de Royaumont mais à une autre abbaye des environs, et de la même époque. Les Pères d’Halluin et Fayette , amateurs des antiques débris de sculpture, se l’étaient procurée, mais n’avaient pas eu le temps, probablement, de la faire réparer ;
les Sœurs de la Sainte-Famille n’y songeaient pas non plus lorsque, dans une visite à l’abbaye, M. Froc-Robert crut pouvoir tirer profit et parti de cette vieille sculpture. On la lui envoya dans ses ateliers de Beauvais. En mai 1885, il annonça que la réparation de la Madone étant terminée, il était prêt à l’expédier. »

Après cette « réparation » dont on ne sait rien, elle fut placée sur le pignon de l’ancien réfectoire des moines alors transformé en chapelle. Exposée aux vents et aux intempéries, donc, mais pas aux regards… Peut-être que ce tendre tableau fut jugé un peu trop naturaliste, précisément, pour qu’on le plaçât sous les yeux de jeunes novices ! La famille Goüin, après son acquisition de Royaumont en 1905, mit la statue à l’honneur (et à l’abri) dans son salon du bâtiment des convers.

Classée « monument historique » en 1963, elle est désormais exposée dans les anciennes cuisines de l’abbaye. Elle a également été présentée par deux fois dans le cadre d’expositions nationales : Le siècle de Charles V, au Grand Palais, du 9 octobre 1981 au 1er février 1982, et Paris 1400 : Les arts sous Charles VI au Louvre, du 22 mars au 12 juillet 2004.

 

 

 

Partenaires publics institutionnels
Ministère de la culture et de la communication Région Ile de France Val d'Oise Carnelle Pays-de-France
Partenaires publics de projets
Asnières sur Oise Luzarches
Mécènes - Piliers | Grands partenaires de projet
Comité Henry Goüin - mécénat collectif Fondation Daniel et Nina Carasso Fondation Vareille
Mécènes - Grands partenaires
Aéroports d Paris Caisse d'épargne Ile de France Groupe Caisse des Dépôts Fondation d'entreprises GDF SUEZ Schindler
Fondation Orange SACEM SCAPNOR, Mouvement E. Leclerc Fondation Arthur Honegger Fondation Hermès
Mécènes - Soutiens | Associés
Partenaires d'investissement
CIC Nord Ouest Fondation Louis Bonduelle Fondation de France Fondation Yves Rocher French American Cultural Society Champagne Construction Rénovation
Fondation Georges Truffaut Crédit Agricole Ile de France Mécénat Fondation Crédit Agricole Pays de France UPS
Donateurs particuliers
Les Amis de Royaumont Le Cercle Saint-Louis
Médias
France Musique Télérama La Croix ConcertClassic.com Classic Agenda
Ballroom La Terasse Paris Mômes FNAC