Diego Ares

L'aigle et le moine

Scarlatti, Soler

Festival, Saison 2015, Musique
A Royaumont
sam 3 oct
2015
15:00
Diego Ares

SALLE DES CHARPENTES

Diego Ares clavecin

PROGRAMME
Domenico Scarlatti (1685-1757) 
Sonates K127, K513, K132, K133, K9 (allegro), K120, K478, K479

P. Fr. Antonio Soler (1729-1783) 
Sonates et Fandango 
SR 42, SR 37, SR 81, SR 105,SR 2, SR 78, SR 90
Prélude & Fandango


Le programme de salle

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L’aigle et le moine

NOUVEAU PROGRAMME 2015

L’aigle Domenico Scarlatti, comme le surnommait son père, déjà reconnu en Italie, en Angleterre et au Portugal, arrive en Espagne en 1729 et se laisse séduire par le folklore andalou qu’il intégrera avec fulgurance dans ses sonates. Au même moment naissait le catalan Antonio Soler, moine de Montserrat. S’il existe des doutes sur les relations entre l’aigle et le moine, le style scarlattien transparaît chez Soler au travers de joyeuses danses, lamentos nostalgiques, des tempêtes sublimes et de tendres jeux de séduction.

Le feu hypnotique de ces sonates, quasiment diabolique, sera porté à incandescence par la virtuosité toujours élégante, sensuelle du jeune claveciniste espagnol Diego Ares diplômé de la Schola Cantorum de Bâle et couronné récemment de deux Diapason d’or pour ses Scarlatti et Soler.

Durée : 1h15 - Tarif B
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Présentation Biographie

L’Aigle et le Moine
texte de Diego Ares

1729 est une année très importante dans l’histoire de la musique espagnole, pour deux raisons : d’une part Domenico Scarlatti vient s’établir avec sa famille à la cour d’Espagne en tant que maître de clavecin des Princes des Asturies, et d’autre part naît le P. Fr. Antonio Soler, le disciple le plus international du claveciniste napolitain.

Dès 1705 le père de Domenico, le grand Alessandro Scarlatti, disait que son fils, à l’image d’un jeune aigle dont les ailes ont poussé, ne devait pas rester inactif dans le nid. Il ne souhaitait pas l’empêcher de prendre son envol. Mais aurait-il pu prévoir le vol long et productif que le destin réservait à son aiglon ? L’art de Domenico était déjà admiré en Italie, en Angleterre, en France et au Portugal. Mais son arrivée en Espagne marquera un grand tournant pour son inspiration. Il ne faut pas oublier que Domenico Scarlatti séjourna en premier lieu à Séville pendant environ quatre ans. L’esprit andalou l’accompagnera depuis ce moment durant tout le reste de sa vie, d’autant plus que sa deuxième femme était de Cadix. Les gammes phrygiennes et les rythmes populaires s’inviteront dans ses sonates et il défiera les règles de composition traditionnelles pour mieux dépeindre les riches couleurs du folklore de son pays d’adoption. Il est amusant d’observer qu’au moment où les compositeurs espagnols les plus importants de l’époque s’efforçaient d’assimiler le style italien, « Domingo » le napolitain se laissait séduire par l’essence populaire espagnole. Suivant la cour, Scarlatti arriva à Madrid vers 1733. Il n’habita pas au palais royal comme ses relations extrêmement proches avec le roi et la reine auraient pu le supposer, mais dans un quartier populaire.

Le moine Antonio Soler se définit comme disciple de Domenico Scarlatti à diverses reprises. Mais cela n’a pas suffi pour que la plupart des musicologues acceptent ce fait. Ces derniers signalent que lorsque le moine Soler arriva au monastère de San Lorenzo de l’Escorial en 1752, Domenico Scarlatti n’avait plus assez de forces pour accompagner ses élèves royaux lors des séjours de la cour à l’Escorial et que par ailleurs le moine Soler n’aurait pu obtenir de permis, en tant que novice, pour abandonner sa retraite monacale afin d’aller étudier à Madrid avec Domenico. Mais l’influence scarlattienne dans l’œuvre de Soler devrait nous suffire pour remettre ces arguments en question. Jusqu’à leur image en tant qu’interprètes, semblait causer la même impression surnaturelle sur leurs auditeurs respectifs (Domingo fut comparé à mille diables, et le frère Antonio était connu comme le “Diable habillé en moine” !).

Le frère Antonio nous démontre qu’un moine pouvait au cours de sa vie quitter les murs de sa cellule à de nombreuses occasions : il fit des voyages en Andalousie, il passa des séjours à Aranjuez et au Prado pour participer à des concerts et il retourna au moins une fois en Catalogne pour rendre visite à ses maîtres de l’Abbaye de Montserrat. A propos de possibles visites à Madrid au cours desquelles il aurait pu rencontrer Scarlatti, laissons sa Llave de la Modulación nous fournir des indices. Dans ce livre, publié en 1762, Soler mentionne le lieu où se trouve la maison des Pères Hiéronymites de Madrid, à côté du palais du Buen Retiro. Il fait également référence aux 13 Libros de Clavicordio et à des œuvres vocales de Domingo Escarlatti qu’il aurait difficilement connu si ce ne fût par contact direct avec leur auteur et, pour couronner le tout, il admet avoir copié au moins une fois les dits 13 Libros de Clavicordio. Mais s’il reste des doutes sur la relation qu’ont pu avoir l’aigle et le moine, que leurs sonates les dissipent, et si elles n’y parviennent pas, qu’elles accomplissent du moins leur mission : nous divertir en évoquant de joyeuses danses, des lamentos nostalgiques, des tempêtes sublimes et de tendres jeux de séduction.
Bâle, le 10 décembre 2014.


Biographie

Diego Ares (né à Vigo en 1983) a étudié le piano avec Alis Jurgelionis et Aldona Dvarionaitė. A 14 ans, il obtient le premier prix du Premier Concours de piano RCN de Vigo et à 15 ans, un premier prix au Concours International de piano N. Rubinstein à Paris. En 1998, il commence à Vigo sa formation de claveciniste avec Pilar Cancio. A 18 ans, il part pour la Hollande poursuivre ses études au Conservatoire Royal de La Haye, et à Amsterdam auprès de Richard Egarr. En 2004, il reçoit un second prix de clavecin au Concours Permanent des Jeunesses Musicales d'Espagne. Cette même année, il entre à la Schola Cantorum Basiliensis dans les classes de Jörg-Andreas Bötticher et Jesper B. Christensen, où il obtient en 2007 son diplôme de clavecin avec la note maximale et les félicitations du jury. Diego Ares donne de nombreux concerts comme soliste en France, Suisse (notamment un concert en octobre 2010 au Victoria Hall comme soliste avec l’Orchestre de Chambre de Genève dans les concertos de Manuel de Falla et Frank Martin), Espagne (Fondation Juan March, Festival de musique ancienne de Barcelone, Festival international de musique de Santander, etc…), Allemagne (accompagné de l’ensemble Madrid-Berlin, concert de présentation de l’exposition sur Wanda Landowska au Musée des instruments de musique de Berlin), Hollande (Festival d’Utrecht, tournée avec les Variations Goldberg) et Japon (Tokyo Opera City Hall). En 2006, il enregistre le Concerto en ré mineur BWV 1052, le Cinquième concerto brandebourgeois de J.S. Bach avec l'Orchestre de Chambre de Minorque dirigé par Farran James et le Fandango du P. Antonio Soler pour le label catalan Columna Música. Son second disque enregistré pour le label Pan Classics et dédié à la musique du P. Antonio Soler a été récompensé en 2010 par un Diapason d'Or. Etabli à Bâle, il continue de recevoir des conseils de Jesper B. Christensen et du pianiste Lazlo Gyimesi.

Discographie
Scarlatti – Vivi Felice – Pan Classic 2011
Soler, Fandango et sonates - Pan Classic 2009

Dans le cadre du week-end Scarlatti, « Vivi Felice »
SCARLATTI ET SES CONTEMPORAINS AU CLAVIER
Scarlatti va marquer durablement son époque, en produisant plus de 555 sonates. Il nous invite à y trouver « une manière ingénieuse de badiner avec l’art afin de t’exercer à la pratique du clavecin. Montre-toi donc plus humain que critique ; et ainsi tes plaisirs en seront plus grands. Vis heureux. »

SCARLATTI - MÉTAMORPHOSES
Une double métamorphose des œuvres de Scarlatti : l’une baroque par Charles Avison, l’autre contemporaine par Fabrizio Cassol venant de l’imaginaire des musiques improvisées.


FORMULE EN-CAS de 18h30 à 20h30 : voir infos pratiques
BUFFET italien à 19h : voir infos pratiques


Ce soir on dort à l'abbaye ! 
Ce concert est disponible dans la FORMULE WEEK-END MUSICAL 


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