2016 : entre Orient et Occident, le voyage des plantes au Moyen Âge

La nouvelle exposition végétale du jardin des 9 carrés évoque le voyage des plantes entre Orient et Occident au Moyen Âge. Entre croisades, explorations de terres inconnues et échanges commerciaux, les migrations végétales à l’époque de Saint Louis nous permettent d’aborder la notion d’origine des plantes.

L’exposition imaginée par Olivier Damée et Edith Vallet nous interroge sur le métissage, la traçabilité, l’hybridation et les modifications génétiques des graines. Peut-on parler aujourd’hui d’espèce locale ?

Le propos et la problèmatique
Le Capitulaire De Villis
La scénographie de l’exposition | descriptif des plantes
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Le propos et la problématique

« …La campagne est un lieu de mouvement des espèces végétales depuis des siècles. Ce qui est choquant, c’est l’introduction massive d’une espèce, quelle qu’elle soit, qui uniformise, réduit la diversité. Mais il n’existe plus guère de plantes dans les jardins et dans les champs qui proviennent directement de l’écosystème originel, local. D’ailleurs, vous le savez bien, au tout début il n’y avait que l’algue...».
Marcel Mazoyer, ingénieur agronome – extrait de l’ouvrage La plus belle histoire des plantes.


Entre Orient et Occident, de la notion d’origine végétale pour aborder la question du voyage des plantes

Dans le cadre des relations transculturelles à l’honneur à la Fondation Royaumont, la nouvelle exposition végétale évoque la nature des liens botaniques entre Orient et Occident à travers le spectre historique du Moyen Âge.
Les relations végétales entre Orient et Occident au Moyen Âge (différences, similitudes et échanges) posent la question de l’origine des plantes.

La notion d’origine des plantes est liée à l’étude des migrations végétales, à échelle continentale ou intercontinentale, du fait que la Nature n’est pas figée. Mais elle permet aussi d’aborder l’histoire de la connaissance et d’autres notions, telles que l’acclimatation, la naturalisation, la domestication ou le voyage des plantes.

Il nous a donc paru particulièrement intéressant de questionner la notion d’origine végétale, sujet très actuel d’autant plus que le Ministère de l’Écologie a créé en 2014 un label « Végétal local », signe de qualité relatif à l’origine géographique des végétaux commercialisés.

L’étude des civilisations a longtemps témoigné de traditions liées à chaque pays comme étant le fruit d’une œuvre propre et originale, issue de leur unité et de leur indépendance culturelle. Mais ce qui a souvent été considéré comme français, italien, occidental,… est en fait issu d’un métissage de divers courants de civilisations.

Si en histoire cette considération paraît fondée, on peut aujourd’hui s’interroger sur ce qu’il en est en botanique : entre l’essor des commerces, les voyages de plantes à grande échelle, la traçabilité quasiment impossible des graines, les plantes issues de greffes ou hybridation entre plants d’origines différentes et les modifications génétiques issues des acclimatations ou des domestications, comment peut-on parler aujourd’hui d’espèce locale ?

 

Origine terre !

Force est de constater que la notion d’origine est intimement liée au référentiel auquel on s’attache, sachant que les avancées en terme de recherche, menées notamment par les archéobotanistes et les ethnobotanistes, sont à même de faire évoluer l’état des connaissances.

Une plante indigène se dit d’une plante originaire de la région où elle vit. (Larousse)
Différentes approches temporelles sont possibles en fonction de l’angle adopté. À titre d’exemple :

• Une plante est considérée comme indigène si elle a été introduite avant une certaine date. La date de 1914 est ainsi retenue pour le Bassin Parisien (d’après le Museum d’Histoire Naturelle et le Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien).

• Le terme d’indigène se dit d’un végétal du cortège originel de la flore d’un territoire colonisé naturellement ou par l’action de l’homme et dont la présence dans le territoire est attestée avant l’année 1500. Cette date est caractérisée comme le début de la mise en place des grands flux intercontinentaux, notamment avec les premières espèces venant du continent américain. Ces plantes, bien adaptées au sol et au climat, répondent mieux aux besoins de la petite faune d’Île-de-France (d’après le service des Sciences et Techniques du Végétal de la direction des Espaces verts et de l’Environnement de la Ville de Paris).

• Les plantes indigènes recouvrent un ensemble des plantes originaires du territoire national, présentes depuis la fin de la dernière glaciation ou arrivées sans intervention humaine avérée (d’après la Fédération des Conservatoires Botaniques Nationaux).

Il est donc difficile d’établir une vérité dans le champ des définitions ayant trait à l’origine des plantes. Le débat est ouvert !


Principaux ouvrages disponibles à la librairie
ALLAIN Yves-Marie, Les plantes exotiques, une réputation perdue ?, Éditions Petit Génie, 2014
ALLORGE Lucile, La Fabuleuse Odyssée des Plantes, les botanistes, voyageurs, les Jardins des plantes, les Herbiers, J.-C. Lattès, 2003
PELT Jean-Marie, MAZOYER Marcel, MONOD Théodore, GIRARDON Jacques, La plus belle histoire des plantes, Seuil, 1999
HALLE Francis, LIEUTAGHI Pierre, Aux Origines des Plantes, Des plantes et des hommes, Fayard, 2008
CAMBORNAC Michel, Plantes et jardins du Moyen Âge, Edipso éditions, 1996
MARTIN Hervé, Mentalités médiévales XI –XVe siècle, PUF Nouvelle Clio, 1996

Autres ouvrages
BACON Joséphine, 500 plantes comestibles, Histoire, botanique, alimentation, Delachaux et Niestlé, 2008
BRAUDEL Fernand, La Méditerranée : l’espace et l’histoire, Flammarion Champs histoire, 2009
DAWSON Christopher, Le Moyen Âge et les origines de l’Europe, Sheed and Ward, 1960
GARNAUD Valérie, KOENIG Odile, Grand guide des plantes potagères, Delachaux et Niestlé, 2015
GUILLAUME Jean, Ils ont domestiqué plantes et animaux : prélude à la civilisation, Éditions Quae, 2011
LAWS Bill, Fifty Plants That Changed the Course of History, David & Charles, 2010
MARCHENAY Ph. et LAGARDE M.F, À la recherche des variétés locales des plantes cultivées, Porquerolles, Conservatoire botanique, 1986
PELT Jean-Marie, Des légumes, Fayard, 2013
QUELLIER Florent, Histoire du jardin potager, Armand Collin, 2012
PITRAT Michel, FOURY Claude, Histoire de légumes- Des origines à l’orée du XXe siècle, Inra Editions, 2003
SADAUNE Samuel, Inventions et découvertes au Moyen Âge dans le monde, Éditions Ouest France, 2006/2014


Le Capitulaire De Villis, un outil de propagande et de diffusion des plantes de nos jardins

Le Capitulaire De Villis (en latin Capitulare de villis vel curtis imperii -ou imperialibus) est un acte législatif datant de la fin du VIIIe siècle – début du IXe siècle, édicté par Charlemagne.

Composé de différents articles (capitules), ce document contient notamment la liste d'une centaine de plantes, arbres, arbustes ou simples herbes dont la culture est ordonnée dans les jardins royaux. Il s’agissait bien d’entamer une profonde réforme de d’agriculture et de l’administration de ces domaines dans une grande partie de l’Europe, le territoire administré dépassant alors largement les frontières françaises actuelles.
Ce texte était en effet destiné aux « villici », les gouverneurs de ses domaines (« villæ, villis »), qui devaient se charger de faire respecter des ordres ou recommandations, eux-mêmes contrôlés par les « missi dominici » (envoyés du maître).

94 plantes y sont énumérées (malgré une identification précise des espèces parfois complexe comprenant 73 herbes, 16 arbres fruitiers, 5 plantes textiles et tinctoriales ), devant être cultivées dans les domaines royaux. Les trois espaces jardinés des monastères y sont décrits et spatialisés (l'herbularius ou le jardin des simples ; l’hortus ou le potager ; le viridarium ou le verger).

Cet outil de promotion des végétaux nous renseigne à la fois sur les plantes qui étaient cultivées à l’époque dans une partie de l’Europe, et nous éclaire sur les volontés de développement de certaines espèces.

Pour illustrer le contenu du Capitulaire, le romarin, la coriandre, le chervis, ou encore l’ail sont notamment présentes au jardin.

Partenaires publics institutionnels
Ministère de la culture et de la communication Région Ile de France Val d'Oise
Partenaires publics de projets
Communauté de Carnelle Pays de France Asnières sur Oise Luzarches
Mécènes - Piliers
Comité Henry Goüin - mécénat collectif Fondation Daniel et Nina Carasso KPMG
Mécènes - Grands partenaires
Aéroports d Paris Caisse d'épargne Ile de France Groupe Caisse des Dépôts Fondation d'entreprises GDF SUEZ Fondation d'entreprises Hermès
Fondation Orange SACEM SCAPNOR, Mouvement E. Leclerc Schindler Fondation Arthur Honegger
Mécènes - Soutiens
Mécènes - Associés
Partenaires d'investissement
CIC Nord Ouest Fondation Louis Bonduelle Fondation de France Art Mentor Fondation Lucerne
Fondation Yves Rocher Sanef Groupe French American Cultural Society FACE
Fondation Georges Truffaut Crédit Agricole Ile de France Mécénat Fondation Crédit Agricole Pays de France UPS Tempere Champagne Construction Rénovation
Donateurs particuliers
Les Amis de Royaumont Le Cercle Saint-Louis
Médias
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