Projet Sollicitudes

Résidence de co-production décembre 2020 et printemps /été 2021

Origine : solitudes, sollicitudes…

À l’origine, une invitation du Programme chorégraphique de la Fondation Royaumont en la personne d’Hervé Robbe, faite à quatre danseurs-chorégraphes, Catherine Legrand, Jean Christophe Paré, Yann Cardin, Vera Gorbatcheva. Quatre figures d’interprètes de générations différentes réunis pour élaborer ensemble une forme chorégraphique légère faisant dialoguer les soli, sous le regard du chorégraphe et du compositeur Jérôme Combier, accompagné de deux musiciens virtuoses de l’Ensemble Cairn, Fanny Vicens (accordéon) et Alexa Ciciretti (violoncelle).

Une création pluridisciplinaire et collective à la nécessité renouvelée

Mars 2020, épidémie, annulation. Plutôt que de baisser les bras, se saisir de l’opportunité pour repenser entièrement le projet, lui donner une nouvelle ampleur et un sens plus grand dans ce contexte qui fait vibrer la notion de transformation. Faire écho à ce besoin, à la sortie d’une période d’inquiétude et d’enfermement imposé, de faire à nouveau se rencontrer les écritures, les matières et les corps au sein d’un espace scénique réinventé, avec attention, bienveillance et constance.

Hervé Robbe en propose la structure dramaturgique, un agencement, une architecture où chaque danseur-chorégraphe restera auteur de sa présence. À partir de carnets d’inspiration, de missives gestuelles ou de partitions ouvertes proposés par Hervé Robbe, chacun éprouve à nouveau des gestes qu’il a projetés ou qui l’ont traversé. Des signes qui constituent les traces et les empreintes de sa mémoire de danseur afin de redessiner une nouvelle partition. Un nouvel être au présent de danse qui vient rencontrer les imaginaires musicaux proposés par le compositeur Jérôme Combier, et offre une relecture sensible du mouvement et de la présence des deux musiciens.

La musique de Sollicitudes s’articulera autour de deux axes contrastés : d’une part la figure de Schubert, figure de solitude, chant intime de l’être romantique, et d’autre part une musique gestuelle, bruitées et primale, quasi-chorégraphique explorant les gestes des instrumentistes dans leur plus brute expressivité. D’un côté la musique de Schubert, entendue dans une dynamique de réécriture, de fragmentation : dissociation de la voix chantée et des instruments, transformation électro-acoustique de la musique (le romantisme abordé comme matière sonore en soi), réemploi des textes de Goethe et de Heine (récités par les danseurs ou les musiciens, ou par une voix enregistrée) ; de l’autre une musique aux antipodes du romantisme, quasi tribale : gestes de percussions, frappes, bruits et sons entremêlés.

La convocation de l’histoire, ce romantisme qui semble ne cesser jamais de prendre la mesure d’une individualité qui se découvre, devient un héritage, non pas à détruire (d’autres s’y sont employés) mais où puiser une force dramatique et la mettre en relation avec celle qui aujourd’hui nous définit et qui est d’une tout autre nature.

Un nouveau projet de danse et de musique donc, une sollicitation renouvelée à un collectif d’artistes virtuoses et vertueux, enrichie désormais de la collaboration pointue de la designer textile Jeanne Vicerial. Celle qui se dit « chirurgienne vestimentaire » développe une démarche innovante et graphique pour créer des vêtements sur-mesure qui s’approchent au plus près du corps et du mouvement humain, dans un souci tant d’esthétique que de durabilité et de respect du corps tel qu’il est. Très tôt, cette collaboration qui apporte au projet une dimension nouvelle apparaît comme une évidence. La designer propose de concevoir pour chaque interprète – danseur et musicien – un exosquelette à habiter par le mouvement, composé d’organes textiles amovibles, afin de modeler des corps en constante métamorphose. Selon sa méthodologie scientifique et artistique, elle viendra au cours des répétitions étudier les corps des danseurs afin de proposer une étude textile chorégraphique.

Selon un protocole de conception original et en gardant à l’esprit une vocation d’adaptabilité à différents contextes, le collectif réuni autour de ce projet imagine donc une orchestration chorégraphique inédite, faite d’écoute et de dialogue attentif, toute en porosités. Une création pour l’automne 2021 mobile et transformable, portée en étroit partenariat par deux structures de production aux noms plastiques et évocateurs, Travelling&Co et l’ensemble Cairn. D’un côté, un voyage, un recadrage dynamique qui vient révéler d’une façon inattendue un environnement et les personnages qui l’occupent. De l’autre, le point de repère salvateur et collectif du cheminement que vient emprunter le voyageur.

Conception chorégraphique : Hervé Robbe
Musique originale : Jérôme Combier
Design et réalisation costumes : Jeanne Vicerial
Avec les danseurs-chorégraphes : Catherine Legrand, Jean-Christophe Paré, Yann Cardin & Vera Gorbatcheva
Les musiciens Fanny Vicens et Éric-Maria Couturier
Création lumière : François Maillot
Création sonore : Jean-François Domingues

Ouvert 365j/an Visite tous les jours